Dia­logues

Dans les films, on croit sou­vent, quand il y a “un mot”, que le met­teur en scène ou l’ac­teur est spi­ri­tuel. Ceux qui fré­quentent plus in­ti­me­ment le ci­néma sa­luent le scé­na­riste, plus ra­re­ment le dia­lo­guiste? Et pour­tant…

Le dia­lo­guiste ar­rive à un mo­ment par­ti­cu­lier du film. Après le sy­nop­sis qui donne l’his­toire, le scé­na­rio qui com­mence à dé­tailler le tour­nage, avec sa construc­tion en sé­quence, scènes, plans, il y a bien un mo­ment où l’on doit faire par­ler le per­son­nage, ou l’ac­teur. Il faut là des at­ten­tions par­ti­cu­lières, que tous les scé­na­ristes ne savent pas né­go­cier. C’est un mé­tier à part en­tière. Vous ima­gi­nez Gabin dire : « « Like a Vir­gin » is all about a girl who digs a guy with a big dick. The whole song is a me­ta­phor for big dicks. » Je ne pense pas… On se se­rait vi­si­ble­ment trompé de ré­plique et de dia­lo­guiste. (Ta­ren­tino a écrit cette ré­plique pour lui-même dans Ré­ser­voir Dogs.)

Dans le ci­néma fran­çais, il y a eu trois grands dia­lo­guistes : Jacques Pré­vert, Henri Jean­son, Mi­chel Au­diard. Les trois sont tel­le­ment ins­crits dans le ci­néma qu’on ne sait d’ailleurs par­fois plus vrai­ment qui a écrit quoi. Un exemple :

« Vous vivez, Mon­sieur, dans la dis­si­pa­tion, la luxure, le men­songe. Vous n’ai­mez pas, c’est trop long! Non, Vous dé­si­rez, ça va plus vite. Vos jour­nées n’ont pas vingt-quatre heures mais deux… car vous êtes du 5 à 7… Vous ne faîtes pas l’amour : vous tuez le temps! » … Au­diard ?

ou :

« Les jour­naux di­ront : « C’est cu­rieux, c’est tou­jours les mêmes qui font grève! ». Eh oui. C’est très cu­rieux. On n’a ja­mais vu un conseil d’ad­mi­nis­tra­tion faire grève et dé­brayer pour ob­te­nir une aug­men­ta­tion de ca­pi­tal. » Pré­vert ?

ou :

« Ver­tueuse, ver­tueuse?… C’est hon­teux, ce que vous dites là! Ah, les hommes!… Tous les mêmes, tiens… Il suf­fit qu’on leur ré­siste pour qu’ils nous prêtent des sen­ti­ments ignobles… » Re-Au­diard ?…

Non… Tout est de Jean­son. La pre­mière ré­plique est jouée par Ed­wige Feuillère dans L’Ho­no­rable Ca­the­rine, la deuxième par Fran­çois Pé­rier, Sous le Ciel de Paris, la troi­sième est dite par Mar­tine Carol, dans Na­tha­lie. Mais qui a trouvé « — T’as de beaux yeux, tu sais… (Em­brasse moi…) » ? Là, c’est Pré­vert.

Pré­vert, Jean­son, Au­diard

Ces trois-là ont mo­no­po­lisé ce qu’il y avait de meilleur dans le ci­néma fran­çais, en de­hors de la nou­velle vague, qu’ils ap­pré­ciaient di­ver­se­ment. On ne pré­sente pas Jacques Pré­vert, poète ger­ma­no­pra­tin né en 1900 tout rond. Il ren­con­tra Mar­cel Carné à l’is­sue d’un spec­tacle du Groupe Oc­tobre. Carné in­sista pour que Pré­vert fasse ses pre­mières armes sur Jenny en 1936. Ils en­chaî­ne­ront avec Drôle de drame (1937), Quai des brumes l’an­née sui­vante avec Jean Gabin, Mi­chel Simon et la jeune Mi­chèle Mor­gan, Le jour se lève (1939), Les Vi­si­teurs du soir (1942) puis Les en­fants du Pa­ra­dis (1945) et Les portes de la nuit (1946) avec Yves Mon­tand. Sa­crée bro­chette…

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Jacques Pré­vert, par Doisneau

Jacques Pré­vert tra­vaillera sur d’autres films avec d’autres réa­li­sa­teurs, dia­lo­guant ou scé­na­ri­sant : Notre-Dame-de-Pa­ris (1956) de Jean De­lan­noySor­ti­lèges(1944) et Sou­ve­nirs per­dus (1950) de Chris­tian-JaqueLu­mière d’été (1942) de Jean Gre­mil­lonLe Crime de M. Lange (1935) de Jean Re­noirLe Roi et l’oi­seau(1979) de Paul Gri­mault, sans par­ler des films de son frère Pierre. Il sera Le dia­lo­guiste du réa­lisme poé­tique, dans la li­gnée Jean Vigo. On lui doit les cé­lé­bris­simes « Bi­zarre, bi­zarre ! J’ai dit bi­zarre ? Comme c’est étrange ! » et « Il ne faut pas lais­ser les in­tel­lec­tuels jouer avec les al­lu­mettes. »

Si ses re­cueils de poé­sie sont constam­ment ré­édi­tés, ses dia­logues ne le sont pas du tout. Qui connaît ou a com­mis des trans­crip­tions peut se faire connaître…

Au­diard : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les re­con­nait… » (Les Ton­tons Flin­gueurs)

Dans ce bre­lan d’as de dia­lo­guistes, après Pré­vert — le Mot, Au­diard se­rait l’Image. In­fa­ti­gable ob­ser­va­teur du petit peuple et in­ven­teur d’un mi­lieu louf­tingue et ca­ri­ca­tu­ral, ce gouailleur im­per­ti­nent et mal em­bou­ché a pêché nombre de ses ré­pliques dans la vie cou­rante, dans son mi­lieu, et chez l’ar­ti­san mé­ca­ni­cien du coin. Que dit l’en­cy­clo­pé­die wi­ki­pe­dia de cet éner­gu­mène anar­chiste de droite, se ré­cla­mant de Mar­cel Aymé et de Louis Fre­di­nand Cé­line?

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Mi­chel Au­diard
© Col­lec­tion Chris­tophe L. (vue sur Allocine.​fr)

Il naît le 15 mai 1920, au n°2 de la rue Bré­zin, dans le XIVe ar­ron­dis­se­ment de Paris, quar­tier po­pu­laire à l’époque, où il est élevé par son par­rain. Il y pour­suit sans grand in­té­rêt des études qui le mènent jus­qu’à un cer­ti­fi­cat d’études et un C.A.P. de sou­deur à l’au­to­gène. Pas­sionné très jeune de lit­té­ra­ture et de ci­néma, il se forge une so­lide culture en li­sant no­tam­ment Rim­baud, Proust et Cé­line, et dé­couvre les dia­logues de Jean­son et de Pré­vert. Pas­sionné éga­le­ment de bi­cy­clette, il traîne du côté du Vé­lo­drome d’hi­ver où il ren­contre André Pousse qu’il in­tro­duira plus tard au mé­tier d’ac­teur. Son­geant un temps à faire car­rière dans le vélo, il y re­nonce tou­te­fois car il « ne mon­tait pas les côtes ». La Se­conde Guerre mon­diale, à la­quelle il ne par­ti­cipe pas, est pour lui une pé­riode de pri­va­tions et la li­bé­ra­tion, le spec­tacle de tristes rè­gle­ments de comptes.

Au len­de­main de la guerre, il vi­vote comme li­vreur de jour­naux, ce qui lui per­met d’ap­pro­cher le mi­lieu du jour­na­lisme. Il entre ainsi à L’Étoile du soir où il com­mence une série d’ar­ticles sur l’Asie ré­di­gés sur les comp­toirs des bis­trots pa­ri­siens. La dé­cou­verte de l’im­pos­ture lui va­lant d’être ra­pi­de­ment re­mer­cié, il de­vient alors cri­tique pour Ci­né­vie. En 1949, le réa­li­sa­teur André Hu­ne­belle le fait en­trer dans le monde du ci­néma en lui com­man­dant le scé­na­rio d’un film po­li­cier, Mis­sion à Tan­ger, bien­tôt suivi de deux autres films, trois ro­mans po­li­ciers, et des pre­miers suc­cès d’adap­ta­tion de ro­mans au ci­néma (Le passe-mu­railleLes trois mous­que­taires). Sa no­to­riété s’étend et, en 1955, c’est la ren­contre avec Jean Gabin au­quel il pro­pose le scé­na­rio de Gas-Oil. Ainsi com­mence une col­la­bo­ra­tion de sept ans et seize films, dont plu­sieurs grands suc­cès (Les grandes fa­millesLes vieux de la vieilleLe Baron de l’écluseUn singe en hiver), et qui ne s’est que peu in­ter­rom­pue (Ba­bette s’en va-t-en guerreUn taxi pour To­brouk).

Mi­chel Au­diard est à pré­sent un scé­na­riste po­pu­laire, ce qui lui at­tire les foudres des jeunes ci­néastes de la Nou­velle vague pour les­quels il sym­bo­lise le « ci­néma de papa ». En 1963, après s’être un peu fâché avec Jean Gabin, il écrit pour Jean-Paul Bel­mondo (100 000 dol­lars au so­leil de Henri Ver­neuil) et toute une équipe d’ac­teurs ta­len­tueux : Lino Ven­tura, Fran­cis Blanche, Ber­nard Blier, Jean Le­febvre etc. (Les Ton­tons flin­gueurs et Les Bar­bouzes de Georges Laut­ner). Mais la fâ­che­rie avec Jean Gabin ne dure pas et ils se re­trouvent en 1967 pour Le Pacha et col­la­bo­re­ront en­core oc­ca­sion­nel­le­ment (Sous le signe du tau­reau de Gilles Gran­gier)…

wi­ki­pe­dia

Sa fil­mo­gra­phie est im­mense et les ré­pliques ex­trê­me­ment po­pu­laires qu’on y trouve valent par­fois plus que le rire qu’elles sus­citent, en dé­pei­gnant des per­son­nages ex­trêmes.

 
« Le bou­lot, c’est un truc qu’y vaut mieux com­men­cer jeune. Quand tu dé­marres tout môme, c’est comme si t’étais né in­firme : tu prends le pli, t’y penses plus … » (Mé­lo­die en sous sol)
 
« Si les hon­nêtes gens n’ont presque ja­mais la si­tua­tion qu’ils mé­ritent, c’est parce qu’ils tuent moins que les autres. » (Ca­ram­bo­lages)
 
« Une mau­vaise ac­tion trouve tou­jours sa ré­com­pense. » (Les lions sont lâ­chés)
 
« C’était pour­tant un drôle de colis, l’Al­bert, tu peux me croire. Ah! Comme co­pain d’en­fance, c’était pas le grand Meaulnes! Ja­mais t’en­tends, il a ar­rêté de m’em­mer­der! Il a pris son élan dès la com­mu­nale! Il avait honte de ses ga­loches, fal­lait que je lui prête mes pompes, il pé­tait sa chaîne de vélo, fal­lait que je lui ré­pare. Plus tard, ça a été l’al­gèbre… « c’est du cri, j’com­prends rien » qu’y di­sait. Fal­lait qu’j’me tape ses pro­blèmes! Car il a tou­jours eu des pro­blèmes, ce cave… Et de pire en pire… mais qu’est-ce que tu veux, c’était mon pote. » (Le Pacha)
 
« Ma­dame de San­nois, comme la plu­part des femmes, consi­dé­rait que gar­der un se­cret consis­tait à ne le ré­pé­ter qu’à une per­sonne à la fois. » (Les Trois Mous­que­taires)

Je n’en cite pas d’autres. Je pense que tout le monde a en tête les ré­pliques (culte) des Bar­bouzes, ou de Ne nous fâ­chons pas.

Henri Jean­son : l’in­sou­mis

Si l’on peut consi­dé­rer que Jacques Pré­vert jouait du jeu et de la magie du Mot, Henri Jean­son jouait de l’Es­prit. Né en même temps que Pré­vert, au mois près, sa vie est riche de prises de po­si­tions, de fâ­che­ries, de po­lé­miques et de mois de pri­sons. Car il écrit dans plu­sieurs jour­naux : Ca­nard En­chaînéAu­jour­d’huiLe Cra­pouillotCom­batL’Au­rore, des vé­ri­tés pas tou­jours ob­jec­tives (ci­néma quand tu nous tiens!… On se fâ­che­rait pour un bon mot!…) et pas tou­jours bonnes à dire, ou pas à ce mo­ment-là. On lui doit des for­mules as­sas­sines qui le fâ­che­ront tour à tour avec tout ce que le ci­néma et la po­li­tique compte de noms.

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L’en­cy­clo­pé­die en ligne nous en dit ceci :

En 1917, après di­vers pe­tits mé­tiers, il de­vient jour­na­liste au jour­nal La Ba­taille, or­gane de la CGT. Re­mar­qué pour sa plume re­dou­table, il est jour­na­liste dans les an­nées vingt et in­ter­vient comme re­por­ter, comme in­ter­vie­wer ou cri­tique de ci­néma, et se dis­tingue par la vi­ru­lence de son style et un goût pro­noncé pour la po­lé­mique. Il tra­vaille dans di­vers jour­naux dont le Jour­nal du peuple, les Hommes du Jour, le Ca­nard en­chaîné, où il dé­fend le pa­ci­fisme in­té­gral. Il dé­mis­sionne du Ca­nard en­chaîné en 1937, par so­li­da­rité avec Jean Gal­tier-Bois­sière.

Il est condamné en juillet 1939 à 18 mois de pri­son pour avoir pu­blié dans SIA (So­li­da­rité In­ter­na­tio­nale An­ti­fas­ciste), le pé­rio­dique fondé en no­vembre 1938 par Louis Le­coin, un ar­ticle dans le­quel il fé­li­ci­tait Gryns­pan pour son at­ten­tat contre Von Rath, conseiller à l’am­bas­sade d’Al­le­magne à Paris. Il est ar­rêté, en no­vembre 1939, alors qu’il a déjà re­joint son ré­gi­ment à Meaux, pour des ar­ticles parus en mars et août 1939 et pour avoir signé le tract de Louis Le­coin « Paix im­mé­diate« . Le 20 dé­cembre 1939, il est condamné par un tri­bu­nal mi­li­taire à 5 ans de pri­son pour « pro­vo­ca­tion de mi­li­taires à la déso­beis­sance ».

Jean­son était en pri­son pour ses écrits pa­ci­fistes, et ce quelques jours avant l’en­trée des Al­le­mands à Paris. Sa levée d’écrou est ob­te­nue par César Cam­pin­chi, avo­cat et mi­nistre. Il ne quitta pas Paris et entra en contact avec un man­da­taire des halles, M. Cap­gras, et se vit confier en août 1940 la ré­dac­tion en chef d’Au­jour­d’hui, un jour­nal « in­dé­pen­dant ». Le pre­mier nu­méro sor­tit le 10 sep­tembre 1940. En no­vembre 1940, les au­to­ri­tés al­le­mandes som­mèrent le po­lé­miste de prendre pu­bli­que­ment po­si­tion contre les juifs et en fa­veur de la po­li­tique de col­la­bo­ra­tion avec l’État fran­çais. Henri Jean­son dé­mis­sionna, puis re­tourna en pri­son. Il fut li­béré quelques mois plus tard suite à l’in­ter­ven­tion de son ami Gas­ton Ber­gery, néo­ra­di­cal passé à la col­la­bo­ra­tion par ul­tra-pa­ci­fisme. In­ter­dit dé­sor­mais de presse et de ci­néma, il tra­vaille au noir, écri­vant des dia­logues de films qu’il ne signe pas. Avec Pierre Bé­nard, il par­ti­cipe à l’éla­bo­ra­tion de feuilles clan­des­tines, et manque d’être en­core une fois ar­rêté en 1942. Il res­tera dans la clan­des­ti­nité jus­qu’à la Li­bé­ra­tion.

Ce par­cours illustre les contra­dic­tions et com­pro­mis­sions du pa­ci­fisme in­té­gral : la vo­lonté d’abou­tir à une en­tente avec l’Al­le­magne pour évi­ter la guerre, sut se trans­for­mer, après la dé­faite en désir de « co­exis­tence » cor­recte, voire en offre de ser­vice. Le jour­nal Au­jour­d’hui était loin d’être in­no­cent dans sa chasse aux res­pon­sables de la dé­faite, dans le re­cours au mythe du coup de balai pu­ri­fi­ca­teur, dans son an­glo­pho­bie. Il en­trait en ré­so­nance avec le dis­cours du ma­ré­chal Pé­tain et dans le sens de la pro­pa­gande al­le­mande.

Mal­gré son par­cours pen­dant la guerre, il re­trouva la ré­dac­tion du Ca­nard en­chaîné à la Li­bé­ra­tion. Il re­prend alors son mé­tier de jour­na­liste (au Cra­pouillot, au Ca­nard en­chaîné, à Com­bat, à l’Au­rore). Il part de la ré­dac­tion du Ca­nard en­chaîné en avril 1947, suite à un ar­ticle coupé sur le sujet « Ara­gon, Elsa Trio­let, Mau­rice Tho­rez et les com­mu­nistes« . Ce dé­part fut l’oc­ca­sion d’éclats et de rè­gle­ments de comptes dans la presse. Il re­vint en­suite au jour­nal, et pu­blia des ar­ticles dans le Ca­nard en­chaîné (où il si­gnait ses phi­lip­piques du pseu­do­nyme d' »Hu­guette ex-Mi­cro ») jus­qu’en 1970. Il par­ti­cipe à Ci­né­monde. De 1967 à 1970, il est cri­tique de té­lé­vi­sion pour le quo­ti­dien L’Au­rore.

Il fut re­douté dans le monde des arts et de la po­li­tique pour ses for­mules as­sas­sines. Il a éga­le­ment mené, en avant garde, de grands com­bats po­li­tiques (pa­ci­fisme, an­ti­co­lo­nia­lisme, dé­fense de la li­berté d’ex­pres­sion), tout en de­meu­rant tou­jours un homme libre.

 

Il dira, dans le Ca­nard : « Pour nous, un poète est un mon­sieur qui s’ef­force de sai­sir l’eau par poi­gnées. C’est seule­ment quand il y par­vient que le mon­sieur est un poète. » Peut-être était- un bon por­trait de cet homme at­ta­chant…

Dans ses dia­logues, on trou­vera une lu­ci­dité désa­bu­sée, un hu­mour acéré, et une pré­ci­sion d’écri­ture re­mar­quable. (Il di­sait, comme Au­diard : « On écrit pour un ac­teur, pas pour un film. Si au der­nier mo­ment on change la dis­tri­bu­tion, le tra­vail est à re­faire. ») Il est l’au­teur des dia­logues de nombre de films de lé­gende; entre autres : La Dame de chez Maxim’s d’Alexandre Korda,1932, Mis­ter Flow, Ro­bert Siod­mak, 1936, Pépé le Moko, Ju­lien Du­vi­vier, 1936, En­trée des ar­tistes, Marc Al­lé­gret, 1938, (« Tu fe­rais un ex­cellent cri­tique. Tu parles fort bien de ce que tu connais mal… »), évi­dem­ment Hôtel du Nord, Mar­cel Carné, 1938 (« At­mo­sphère… »), Un re­ve­nant (1946) et Fan­fan la Tu­lipe (1951) de Chris­tian-Jaque (« À mon avis, les gé­né­raux qui meurent à la guerre com­mettent une faute pro­fes­sion­nelle. »), Copie conforme (1946) de Jean Dré­ville (« Vous avez déjà lu le La­rousse ? C’est un re­cueil de noms cé­lèbres com­plè­te­ment in­con­nus. »), Les Mau­dits (1947) de René Clé­ment, Lady Pa­name, de lui même, en 1949 (« En France, le ri­di­cule ne tue pas. On en vit. »), La Mi­nute de vé­rité (1952) de Jean De­lan­noy, La Fête à Hen­riette (1952) et Pot-bouille (1957) de Ju­lien Du­vi­vier, Mont­par­nasse 19 (1957) de Jacques Be­cker, La Vache et le pri­son­nier (1959) d’Henri Ver­neuil. La liste n’est pas ex­haus­tive. Ce fut un au­teur pro­li­fique et lire ses œuvres fait pas­ser des mo­ments pré­cieux.

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La Une cé­lèbre de l’Au­rore, où écri­vait Jean­son, mais où passa aussi Zola!

Ex­traits : Com­ment se fâ­cher avec le mé­tier?

Quand on dit que Zin-Zin (c’et le sur­nom que lui avait donné Louis Jou­vet) se fâ­chait avec tout le monde, cela semble assez na­tu­rel quand on lit dans ses chro­niques :

de Fer­nan­del :
« Il ne res­sem­blait à per­sonne. Heu­reu­se­ment pour les autres. »
de Véra Ko­rène (ac­trice qui avait un dé­faut de pro­non­cia­tion) :
« Elle est si mau­vaise qu’elle se siffle elle-même en par­lant. »
de Mis­tin­guett :
« Mlle Mis­tin­guett va tour­ner dans Ri­gol­boche, avec toutes ses jo­lies rides. On aura l’im­pres­sion que la pel­li­cule est rayée, voilà tout. »
de Jo­seph Kes­sel :
« Au­jour­d’hui, avec sa gueule en vieille pierre mé­ga­li­thique, Kes­sel a un peu l’air d’un mo­nu­ment his­to­rique classé par le mi­nis­tère des Af­faires Cultu­relles. »
de Mau­riac :
« Moins heu­reux qu’An­dré Fros­sard, qui a ren­con­tré Dieu, Fran­çois Mau­riac, lui, n’a ren­con­tré que le Gé­né­ral. »
d’Ar­mand Sa­la­crou :
« La pre­mière pièce qu’on ait jouée à Paris pen­dant l’Oc­cu­pa­tion était une pièce d’Ar­mand Sa­la­crou. Les Al­le­mands sont tout de même res­tés. »
de Sartre :
« Il y a hélas, chez Jean-Paul Sartre un Fou­quier-Tin­ville qui ne dort que d’un œil, un avo­cat gé­né­ral Mor­net qui a tout plein de pe­tits po­teaux dans la poche. »
de Jean Re­noir (qu’il en­cen­sera puis avec qui il se brouillera :
« Jean Re­noir pos­sé­dait des toiles de son père. Il était sûr de ne ja­mais man­quer de rien. Mais de là à vendre un Re­noir pour pou­voir faire Tire-au-Flanc… Il faut aimer le ci­néma. Et ne pas aimer la pein­ture… »
de Alexandre As­truc, met­teur en scène :
« C’est un char­mant gar­çon. Pas bête du tout, quand il parle. Et s’il n’avait ja­mais fait de ci­néma, on croi­rait vo­lon­tiers, à l’écou­ter, qu’il peut en faire. Pauvre Alexandre As­truc ! Si jeune et déjà mort… »
de Clou­zot, met­teur en scène :
« Avec son film Les Es­pions, Clou­zot a fait Kafka dans sa cu­lotte. »
de Paul Clau­del :
« À la Santé où j’ai vécu sans sno­bisme quelques mois de ma vie, je me suis condamné à lire ou à re­lire à peu près tout Paul Clau­del. Cette ag­gra­va­tion de peine m’a laissé de la pri­son un sou­ve­nir atroce. »
de Sacha Gui­try (avant la guerre, après, ils se­ront fâ­chés…) :
« Je pré­fère le dé­ta­che­ment de M. Sacha Gui­try, sa dé­sin­vol­ture, la ma­nière qu’il a de s’as­seoir sur son époque, à la po­li­ti­co­ma­nie de cer­tains écri­vains pour qui le Front po­pu­laire est de­venu une man­geoire et un bu­reau de pla­ce­ment. »
d’un pro­duc­teur :
« Ce pro­duc­teur qui ne pro­duit rien. Même pas une bonne im­pres­sion. »

Ex­traits : Apho­rismes

 
« La li­berté est un mot qui a fait le tour du monde et n’en est ja­mais re­venu. »
 
« La li­berté c’est un peu comme l’ar­gent. Il ne suf­fit pas d’être riche pour sa­voir dé­pen­ser. Ce se­rait trop fa­cile. Et trop in­juste. Il faut aussi avoir ce qui ne s’achète pas : de l’ima­gi­na­tion. Au­tre­ment on crève sur son or sans en avoir pro­fité. Comme un pauvre. »
 
« Au temps que nous vi­vons, c’est bien simple, tout ce qui n’est pas in­ter­dit est obli­ga­toire. »
 
« Un chan­teur d’opéra, c’est un type qui re­çoit un coup de cou­teau dans le dos et qui, au lieu de se soi­gner, se met à chan­ter. »
 
« La Pa­trie, c’est le sang des autres. »
 
« C’est avec l’or qu’on fait l’acier. Et c’est avec l’acier qu’on fait les croix de bois. »
 
« Un peintre a l’âge de ses ta­bleaux. Un poète a l’âge de ses poèmes. Un scé­na­riste l’âge de ses films. Seuls les im­bé­ciles ont l’âge de leurs ar­tères. »
 
« Les pros­ti­tuées sont des femmes du monde à l’état brut. »
 
« Je ne suis pas scep­tique. Je ne crois en rien, mais j’y crois fer­me­ment. »
 
« La guerre, ça com­mence tou­jours par des heures hé­roïques… Et ça finit par des mi­nutes de si­lence… »

Ré­pliques et dia­logues

Fran­çois Pé­rier rompt avec sa pe­tite amie dans Sou­ve­nirs Per­dus :
« — Est ce que je pleure, moi ? Et pour­tant moi je te quitte, et toi tu conti­nue­ras à cou­cher avec toi, et moi, pen­dant ce temps là : une deux, une deux… Je dirai : « Gas­pard à Ta­taouine, une deux, une deux… » Je sen­ti­rai bon le sable chaud et c’est en pen­sant à toi, mon amour, qu’avec les autres je chan­te­rai la chan­son mé­lan­co­lique du blé­dard : « Tiens, t’au­ras du bou­din, t’au­ras du bou­din!… » »

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Fer­nan­del, dans Meurtres :
« — Mon frère, voyez vous, il est gen­til, mais… Ce n’est pas un ami, non…C’est un mon­sieur qu’a eu la même mère que moi… Voilà tout…»
Dans Un Re­ve­nant :
« — Oh! Ce père est cou­pable et nous al­lons condam­ner le fils!
— Il faut bien que les en­fants servent à quelque chose!
 »
Dans Mont­par­nasse 19, Lili Pal­mer dit :
« — Mon vieux Zboro, vous êtes très gen­til, mais vous n’êtes pas très in­tel­li­gent.
— C’est sans doute pour ça que je suis gen­til.
 »
Un père, Jean Bro­chard, éduque son fils Fran­çois Pé­rier, dans Un Re­ve­nant :
« — Je te cé­de­rai ma gar­çon­nière et tu feras comme moi… Trois pe­tites parts dans ta vie : une pour les af­faires, une pour le foyer, et une pour ta vie per­son­nelle…
— Non! J’ai vingt ans, moi, et je ne veux pas de ta cin­quan­taine!
 »
Louis Jou­vet dans Les amou­reux sont seuls au monde :
« — Si l’on ne souf­frait pas de temps en temps, le bon­heur ne se­rait pas sup­por­table. »

hoteldunord.jpg
Cro­quis des dé­cors d’Hô­tel du Nord (Alexandre Trau­ner)

En­trée des ar­tistes, Hôtel du nord

Deux de ses œuvres touchent au su­blime : En­trée des ar­tistes de Marc Al­lé­gret, et Hôtel du Nord, de Mar­cel Carné. Dans les deux : son ami Louis Jou­vet. Pour écrire le pre­mier, Jean­son ira dans la classe de Jou­vet pour s’im­pré­gner de l’at­mo­sphère. Était-ce né­ces­saire? Il y connais­sait déjà tout le monde. Il dira plus tard qu’il n’a pas in­venté le film, mais qu’il a trans­crit des évé­ne­ments réels, et qu’il pour­rait don­ner les noms des par­ti­ci­pants.

L’écri­ture y est d’un piqué ad­mi­rable. On y voit Jou­vet dire, à une jeune ac­trice :

« Merci! Tu me don­ne­ras ta scène quand tu la sau­ras et que tu ne feras plus de faux vers. Il y a au théâtre, comme dans l’épi­ce­rie, une hon­nê­teté qui consiste à ne pas trom­per le pu­blic. Il faut d’abord sa­voir son texte. Si tu voles ici une rime, ailleurs un alexan­drin, le pu­blic fi­nira par s’aper­ce­voir qu’il n’y a pas le poids et tu per­dras ta clien­tèle. »

Et à la veille d’un concours, cette ré­plique va­charde :

« Le der­nier cours est tou­jours un peu mé­lan­co­lique… De­main… Vous ne serez plus des élèves…Vous serez des pre­miers prix… Vous irez les uns au Fran­çais, les autres sur les bou­le­vards… Ceux qui n’ont pas de ta­lent iront au ci­néma. »

Hôtel du Nord fut l’oc­ca­sion d’un dé­tour­ne­ment mé­mo­rable. À l’ori­gine, la ve­dette de­vait en être l’ac­trice An­na­bella, et Pré­vert de­vait faire le scé­na­rio. Pré­vert re­tenu en URSS, c’est Jean Au­renche, scé­na­riste de renom, qui prend le re­lais et qui de­mande à Jean­son de faire les dia­logues. Jean­son dé­tes­tait An­na­bella, l’ap­pe­lant An­na­bêta, il au­rait pré­féré im­po­ser Odette Joyeux, et Claude Dau­phin. Carné sera obligé de si­gner le contrat de Jean-Pierre Au­mont en ca­ti­mini pour évi­ter le cou­roux de Jean­son, qui dé­ci­dera « de ne pas écrire une ligne pour lui, na! »

Dans le scé­na­rio, deux per­son­nages se­con­daires, une pros­ti­tuée et son sou­te­neur. Ar­letty, im­po­sée par Carné, et Louis Jou­vet im­posé par Jean­son. Ces deux rôles se­ront du nanan pour le dia­lo­guiste qui trou­vera la ré­plique peut-être la plus cé­lèbre de l’his­toire du ci­néma, et qui fe­ront de ces deux se­conds rôles les héros du film, en dépit du scé­na­rio. Je ne ré­siste pas au plai­sir de vous le don­ner, Le cé­lèbre dia­logue, in ex­tenso :

« — Pour­quoi qu’on part pas pour Tou­lon ? Tu t’in­crustes, tu t’in­crustes et ça fi­nira par faire du vi­lain.
— Et après ?
— Oh… t’as pas tou­jours été aussi fa­ta­li­taire.
— Fa­ta­liste !
— Si tu veux, le ré­sul­tat est le même. Pour­quoi tu l’as à la caille… On n’est pas heu­reux tous les deux ?
— Non !
— T’en es sûr ?
— Oui !
— T’aimes pas notre vie ?
— Tu l’aimes, toi, notre vie ?
— Faut bien ! Je m’y suis ha­bi­tuée. Les co­quards mis à part, t’es plu­tôt bon mec… par terre on s’dis­pute, puis au lit on s’ex­plique et sur l’oreiller on s’com­prend… alors ?
— Alors rien, j’en ai assez — tu sai­sis — je m’as­phyxie — tu sai­sis ? Je m’as­phyxie !
— À Tou­lon y’a de l’air puis­qu’il y a la mer, tu res­pi­re­ras mieux.
— Par­tout où on ira ça sen­tira le pourri.
— Alors al­lons à l’étran­ger… aux Co­lo­nies
— Avec toi ?
— Cett’idée
— Alors ce sera par­tout pa­reil, j’ai be­soin de chan­ger d’at­mo­sphère… et mon at­mo­sphère : c’est toi !
— C’est la pre­mière fois qu’on me traite d’at­mo­sphère ! Si j’suis une at­mo­sphère, t’es un drôle de bled ! Oh là là… les types qui sont du mi­lieu sans en être et qui cognent à cause de ce qu’ils ont été, on de­vrait les vider. At­mo­sphère… at­mo­sphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’at­mo­sphère ? Puisque c’est comme ça, vas-y tout seul à La Va­renne… Bonne pêche et puis bonne at­mo­sphère !
 »

Pour ceux qui veulent pas­ser quelques heures dans le monde ex­tra­or­di­naire des mots du ci­néma, je conseille Au­diard par Au­diard et Jean­son par Jean­son, chez René Cha­teau Édi­tions (pas de Pré­vert par Pré­vert, il est trop édité par­tout…) et je conseille aussi de lire le Au­diard avant le Jean­son, car, vraie sur­prise pour moi qui connais­sais mon Au­diard sur le bout des doigts, quand on a lu Jean­son, plus rien ne passe, car tout y est.

On ne peut pour­tant pas dire que Jean­son était sympa. Je ne pense pas. Mais son es­prit libre, son écri­ture mil­li­mé­trée et son hu­mour dé­vas­ta­teur me l’ont rendu in­dis­pen­sable. On parle aussi beau­coup du Zin-Zin dans la bio­gra­phie de Louis Jou­vet par Jean Marc Lou­bier, chez Ram­say. Et sur­tout, il faut re­voir les films. Une cer­taine gé­né­ra­tion, pro­duit de l’ORTF et des di­manches après-midi mor­tel­le­ment en­nuyeux sau­vés par un film en noir et blanc maintes fois re­dif­fusé, où des Vanel en maillot de corps dé­fient du re­gard des Gabin aux yeux clairs, y re­trou­vera son en­fance et ses va­leurs. Jean­son : que du bon­heur…

, le 11 juillet 2006

14 com­men­taires
1)

Mac­ma­niac
11.07.2006 à 00:37

Merci à Mo­dane de m’avoir fait (re)dé­cou­vrir Henri Jean­son.

Mais mon pré­féré reste Au­diard…
Pour ceux que cela in­té­resse, voici un site qui lui consa­cré :
http://​www.​audiard.​net/​

2)

alec6
11.07.2006 à 10:16

Merci ! Belle ath­mo­sphère !

Ca nous change du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, de la fin du pé­trole, des len­de­mains qui chantent et des grands soirs, des élec­tions à venir, des mil­liar­daires en cu­lottes courtes sur pe­louses al­le­mandes, des DXo, raw et autres pixels à la ra­masse…

A

3)

bo­re­lek
11.07.2006 à 11:24

Oui, merci Mo­dane.
Quel bon mo­ment !

bo­re­lek

4)

Yip
11.07.2006 à 13:05

De même, merci beau­coup, ça donne envie de voir ou re­voir tous ces films et d’en lire plus sur eux.

5)

mou­loud2005
11.07.2006 à 14:36

Chouette ar­ticle. Je connais­sais pas vrai­ment Jean­son, merci de com­bler cette la­cune.
Dans l’en­semble, je trouve que la plu­part des films fran­çais de ces der­nières an­nées pêchent jus­te­ment par leurs dia­logues. Et mal­heu­reu­se­ment, sans un bon dia­logue, dif­fi­cile d’avoir un bon jeu d’ac­teur.
Et un bon dia­logue, ce n’est pas for­cé­ment des perles à la Au­diard ou Jean­son, c’est tout sim­ple­ment des mots qui sonnent vrais quand on les dits. Des phrases qui coulent ou qui se heurtent comme si elles étaient im­pro­vi­sées. Et non du texte dé­clamé ou ré­cité comme on en voit trop sou­vent, y com­pris chez les grands ac­teurs et les grands ci­néastes. En France, soit il n’y a plus de bons dia­lo­guistes, soit les met­teurs en scène et les scé­na­ristes ne les font plus bos­ser

7)

alec6
11.07.2006 à 16:32

Ha ! je le cher­chais ! et Ca­plan l’a trouvé !

A

8)

XXé
11.07.2006 à 20:15

Très bon, merci Mo­dane.
Et merci Ca­plan pour l’ »at­mo­sphère » !

Di­dier

9)

Iris
11.07.2006 à 20:48

Merci pour cet ar­ticle.
Ce qu’il y a de bien dans les films que tu cites, c’est l’os­mose qui existe entre les ac­teurs et le dia­lo­guiste. Ces phrases ont l’air de leur sor­tir si na­tu­rel­le­ment de la bouche et collent exac­te­ment à leur per­son­nage.

Qui d’autre que Ber­nard Blier pou­vait dire ça comme ça!

J’adore! Vi­ve­ment un petit fes­ti­val.

Iris

Oka­zou
12.07.2006 à 02:16

« Et un bon dia­logue, ce n’est pas for­cé­ment des perles à la Au­diard ou Jean­son, c’est tout sim­ple­ment des mots qui sonnent vrais quand on les dits. Des phrases qui coulent ou qui se heurtent comme si elles étaient im­pro­vi­sées. Et non du texte dé­clamé ou ré­cité comme on en voit trop sou­vent, y com­pris chez les grands ac­teurs et les grands ci­néastes. »

Oui.
Mais on peut re­mar­quer deux choses :
– Au­diard tra­vaillait plu­tôt dans le co­mique. Ses dia­logues pou­vaient même aller jus­qu’à don­ner une to­na­lité co­mique à des films qui au­raient pu jouer une carte plus réa­liste. Il jouait le se­cond degré, fai­sant pas­ser les films de la série B à un sta­tut plus res­pec­table.
– Jean­son of­frait à ses co­mé­diens un lan­gage po­pu­laire rare et sans es­brouffe. Jean­son ma­gni­fiait la langue du petit peuple, in­ter­lope ou pas, sans lui sup­pri­mer sa cou­leur, son ca­chet po­pu­laire. Du tra­vail d’or­fèvre.

Un anar de droite et un anar de gauche ?

Merci, Mo­dane, pour cette très chouette pres­ta­tion.


Au nom de l’Eu­rope, j’ai voté NON !
… et la gauche li­bé­rale au­rait tort de l’ou­blier.

Phfred
12.07.2006 à 10:50

Comme beau­coup je connais­sais Au­diard mais pas Jean­son, merci de me l’avoir fait dé­cou­vrir.

Dans le doute, frappe en­core !

zi­touna
12.07.2006 à 12:42

Super ar­ticle, merci beau­coup, que du bon­heur tous ces films (sauf la fin du Gabin, chuis pas trop fan…).
J’adore la photo de Pré­vert (de Dois­neau, je crois, qui étais bien meilleur dans l’hu­mour que dans le « so­cial »)
z (c’était bien le ci­néma…)

Zi­toune
13.07.2006 à 17:38

Très bel ar­ticle, merci 😉

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