Man­geons!…

De notre en­voyé spé­cial en Corée…

Les au­to­ri­tés de Corée ont dé­cidé de mettre fin (quand même?!…) au scan­dale de la viande de chien. Il faut sa­voir que ce plat ty­pique, dit « Soupe de santé », est cui­siné dans plus de 550 res­tau­rants, rien que dans la ca­pi­tale, Séoul.

Jus­qu’à pré­sent, il n’y avait aucun contrôle sur la ma­tière pre­mière. Im­pos­sible de connaître la pro­ve­nance, la race, ou le mode d’ali­men­ta­tion du chien, im­pos­sible de sa­voir s’il s’agis­sait d’un chien de bonne qua­lité, voire de bonne com­pa­gnie.

Les res­pon­sables des ser­vices de santé ali­men­taire co­réens ont donc lancé, dès fin avril, une cam­pagne pour vé­ri­fier la qua­lité de la viande de chien dans les éta­blis­se­ments qui en servent. Des échan­tillons se­ront pré­le­vés pour juger de la qua­lité sa­ni­taire, en par­ti­cu­lier pour dé­ter­mi­ner le taux de mé­taux lourds. Une liste noire des res­tau­rants sus­pects sera éta­blie et dif­fu­sée. Nous pour­rons donc man­ger ras­su­rés…

Le chien, comme le ser­pent, avait pour­tant été in­ter­dit de com­merce lors des jeux Olym­piques de 88. Pour­tant les ha­bi­tudes de consom­ma­tion n’avaient pas changé. Le cir­cuit com­mer­cial de la viande de chien était donc hors de contrôle, ce qui ne pou­vait durer.

« Les au­to­ri­tés de Séoul ont donc pro­posé de re­clas­ser la viande de chien comme pro­duit ali­men­taire, une pro­po­si­tion qui a sou­levé de nom­breuses cri­tiques de la part de mou­ve­ments de pro­tec­tion des ani­maux. » dit France 2.

Les deux ou quatre mil­lions de chiens consom­més chaque année en Corée en jappent de joie, d’être ainsi et enfin dû­ment ré­per­to­riés.

Com­men­taire : si les chi­nois, les ja­po­nais, les phi­lip­pins ont long­temps mangé du chien, nous, les fran­çais aussi. Il y avait en France des bou­che­ries ca­nines jus­qu’en 1870, où il se ven­dait du chien à 2 francs 50 cen­times le kilo. En Al­le­magne, la der­nière bou­che­rie ca­nine a fermé dans les an­nées 1940.

image
Bon ap­pé­tit, bien sûr!…

Pen­dant ce temps, en An­gle­terre…

… Fer­gus Dren­nan, qui ha­bite dans le Kent, a dé­claré qu’il ne se nou­ri­rait pen­dant un an que de pro­duits issus de la Na­ture, et se si­tuant dans un rayon de 15 ki­lo­mètres au­tour de sa mai­son.

Il pourra donc comp­ter « sur les cham­pi­gnons, baies, pis­sen­lits et autres herbes, ainsi que les ani­maux morts sur le bord de la route, tués par des voi­tures. » Euuuh!…

Et il ajoute :  » Dans le passé, j’avais fais une longue marche d’un mois, et je n’avais mangé que de cette façon. Ja­mais je ne m’étais mieux senti qu’à cette pé­riode. J’ai donc dé­cidé de faire l’ex­pé­rience pen­dant un an. »

Je per­siffle, c’est ma na­ture, mais Fer­gus Dren­nan est un spé­cia­liste de la nu­tri­tion sau­vage. Il a même créé une so­ciété d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de res­tau­rants. Il confiait dans http://www.​theecologist.​org :

« Je suis ef­fec­ti­ve­ment un vé­gé­ta­rien, prin­ci­pa­le­ment dans le sens où je ne vais pas tuer quoi que ce soit, ou même ache­ter de la viande. Mais je mange sans pro­blème les ani­maux tués sur la route… Sur­tout s’ils sont frais. Fré­quem­ment, je mange de l’écu­reuil, du fai­san ou du lapin… L’écu­reuil me rap­pelle l’agneau… »

« Pour moi, c’est du bon sens », pour­suit il. « Il a été es­timé que dix mil­lions d’oi­seaux, vingt mille re­nards et cin­quante mille blai­reaux sont tués sur les routes chaque année. Si vous consi­dé­rez que deux mil­lions de ces oi­seaux sont co­mes­tibles, et qu’un blai­reau peut ali­men­ter six per­sonnes, c’est à peu près deux mil­lions quatre-vingt dix mille repas per­dus… « 

Ca fait plai­sir de voir qu’on sait s’af­fran­chir des idées re­çues, dans le Kent…

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Ca, c’est pas le pire!…

Pen­dant ce temps, en Uru­guay…

Ils (des mi­li­taires) ont ins­tallé un grill géant, d’en­vi­ron un ki­lo­mètre et demi de long. Les autres (des pom­piers) ont dis­posé les six tonnes de char­bon de bois et ont al­lumé les braises.

Je ne sais pas qui a ap­porté les douze tonnes de viande de boeuf, mais les plus de mille fon­dus qui les ont man­gées ont éta­bli le re­cord du monde de bar­be­cue dans la bonne hu­meur.

Ca fait plai­sir de voir qu’on sait s’amu­ser, en Uru­guay…

barbecue.jpg
Une fumée vi­sible de l’es­pace?

Pen­dant ce temps, aux Etats Unis…

Pa­trick Ber­to­letti, de Chi­cago, 22 ans, a avalé 35 dou­zaines d’huîtres en huit mi­nutes, lors d’un concours or­ga­nisé à La Nou­velle-Or­léans. Il s’est donc classé pre­mier de la dou­zaine de cham­pions par­ti­ci­pant à la com­pé­ti­tion et a été dé­claré cham­pion du monde.

Plateau.jpg
Trente cinq fois çà?!…

Un peu d’arith­mé­tique : trente cinq dou­zaines, cela nous fait quatre cent vingt mol­lusques. Ce qui nous fait sur huit mi­nutes qua­si­ment une huître à la se­conde

Ca fait plai­sir de voir qu’on sait ap­pré­cier les bonnes choses, aux Etats Unis…

, le 29 mai 2008

41 com­men­taires
1)

Oka­zou
29.05.2008 à 00:53

« Il y avait en France des bou­che­ries ca­nines jus­qu’en 1870 »

Pas sûr.
La fa­mine ré­gnait à Paris en 1870 sous le siège al­le­mand et tout pou­vait se man­ger : chiens, chats, rats. Le zoo de Vin­cennes se trouva bien­tôt dé­peu­plé. En 1871, c’est la Com­mune de Paris, belle pé­riode d’éman­ci­pa­tion du peuple – chère au cœur du peuple fran­çais – vain­cue dans le sang par les Ver­saillais, les bour­geois ré­gnant qui avaient quitté Paris pour Ver­sailles que les Al­le­mands n’as­sié­geaient pas ; comme, plus tard, ils quit­tèrent Paris pour Vichy ou Bor­deaux, lais­sant le peuple se dé­pa­touiller avec l’oc­cu­pant.

Menu pu­blié dans un jour­nal de l’époque :

« Consommé de che­val au millet
Bro­chette de foie de chien à la maître d’hô­tel
Émin­cés de râble de chat sauce mayon­naise
Épaule de filet de chien sauce to­mate
Civet de chat aux cham­pi­gnons
Cô­te­lettes de chien aux pe­tits pois
Sal­mis de rats à la Ro­bert
Gigot de chien flan­qué de ra­tons
Plum pud­ding au jus de moelle de che­val. »

Pas de doute, cela de­vait être bon.

2)

Sa­luki
29.05.2008 à 01:01

Pour les huîtres, un jour de dé­fec­tion d’in­vi­tés, blo­qués par la neige, nous avons mangé une bour­riche à nous deux, mais je ne sens pas trente-cinq dou­zaines.

Plus près de chez nous qu’en Corée, dans une bour­gade pié­mon­taise bien connue pour son goî­treux vanté un jour sur cuk, on m’a servi un civet.
de chat.

En Brière on mange du “Lièvre des Ma­rais”: je n’ai ja­mais su s’il s’agit de cas­tor ou de ra­gon­din. Mais c’est bon.

3)

Fran­çois Cuneo
29.05.2008 à 06:36

Quel monde for­mi­dable…

Bon. Je dois dire, à pro­pos du chien, qu’évi­dem­ment, je n’aime pas lire ça, mais moi qui ai de­vant les yeux des vaches de­puis dix ans, je me de­mande tou­jours pour­quoi ça choque tel­le­ment les gens (et moi aussi) qu’on mange tel ou tel ani­mal, et pas un de ses braves bo­vi­dés.

Il est clair que je ne man­ge­rai ja­mais (en le sa­chant) du chat ou du chien, la seule chose qui me ta­ra­buste, c’est pour­quoi, moi qui aime tant les pe­tits la­pins, et qui en mange (ra­re­ment) pour­tant.

4)

Spa­rhawk
29.05.2008 à 07:57

Fran­çois, c’est pro­ba­ble­ment dû en par­tie au liens af­fec­tifs plus forts que nous nouons avec les chats et les chiens. Ils sont nos com­pa­gnons jusque dans notre in­té­rieur. Es­saie donc d’avoir une vache dans ton salon ;o) Et d’autre part, à la force de la tra­di­tion, des règles éta­blies. Un en­fant qui gran­dit ici voit jour après jour que l’on mange les vaches, les co­chons, les la­pins, mais pas les chats et les chiens. Ça doit for­cé­ment mo­de­ler ses pré­fé­rences ali­men­taires…

5)

Jé­ré­mie
29.05.2008 à 08:34

Lien af­fec­tif? mouais… j’ai vu des pay­sans pleu­rer quand ils ame­nait leur vache à l’abat­toir, et pour­tant en man­ger la viande… et concer­nant la consom­ma­tion de viande de chien ou de chat, il ne faut pas croire que ça a dis­paru de nos contrées. J’ai mangé un ra­goût de chat une fois que j’étais au cha­let (je dois dire que c’est très fin… mais il n’a pas beau­coup à man­ger). Et concer­nant le chien, il pa­raît que le Saint-Ber­nard fait de très bonne grillades…

et non, ça ne me gêne pas. Je ne vois pas pour­quoi on mange tel ani­mal et pas tel autre. Et comme je ne peux me ré­soudre à être vé­gé­ta­rien, je prend l’op­tion d’ac­cep­ter tout type de viande dans mon as­siette (et celle des autres). Là ou j’au­rai une re­te­nue, c’est pour les ani­maux en voie de dis­pa­ri­tion. Mais il ne me semble pas que ce soit le cas des chats et des chiens…

Bien sûr, il est im­por­tant que l’ani­mal ait été bien traité et abattu avec un mi­ni­mum de souf­france pos­sible. Cela va sans dire.

6)

dj­trance
29.05.2008 à 08:46

Ahhh, non, moi, je ne pour­rais ja­mais man­ger du chien, ou même du chat….

Non, pour moi, on peut par­ler du côté af­fec­tif… Alors oui, c’est lourd pour un pay­san de voir par­tir leurs ani­maux à l’ab­ba­toir, mais, les bo­vins, ils sont éle­vés pour ça en même temps… C’est leur fond de com­merce… Un chien, un chat… C’est autre chose!!

Je suis de l’avis de Spa­rhawk, va avoir une vache dans ton salon, juste pour fun… Je dis pas que ça existe pas hein (on voit sou­vent des re­por­tages à la TV, de per­sonnes avec des ani­maux aty­piques dans leur salon, mais quand même!!!) 🙂

Le jour où j’ai un chat dans l’as­siette, avec une sauce et tout, j’au­rais trop l’im­pres­sion de voir MON chat dans l’as­siette… Alors, on ou­blie de suite…!

7)

AleX54
29.05.2008 à 08:59

Une vache dans un salon, c’est dif­fi­cile. Mais un lapin ?

J’en ai un et il est très sym­pas. Et je mange par­fois du lapin.

Man­ger du chien est une ques­tion de culture. Mais man­ger 35 dou­zaines d’huîtres en huit mi­nutes, c’est une ques­tion d’amé­ri­cain.

Bref les plus dingues sont par for­cé­ment ceux à qui l’on pense.

8)

JCP
29.05.2008 à 09:31

Pas be­soin d’al­ler si loin : en Ap­pen­zell on mange en­core du chien.

Et pour­quoi pas?

9)

So­heil
29.05.2008 à 09:41

Je ne vois pas très bien où veut en venir l’ar­ticle d’au­jour­d’hui, mais je ré­agis quand même pour dire que je par­tage l’opi­nion ex­pri­mée par Fran­çois et Jé­ré­mie pour qui une vache ou un mou­ton valent bien un chien ou un chat. Sauf que, pour ma part, j’ai fait le choix contraire: voilà plus de trente ans que je ne mange plus ni viande ni pois­son, et que je m’en porte plu­tôt bien.

Les bonnes rai­sons d’être vé­gé­ta­rien peuvent être mul­tiples. Dans mon cas il s’agit d’un sen­ti­ment d’iden­ti­fi­ca­tion avec les ani­maux, sen­ti­ment si puis­sant qu’il est ar­rivé un mo­ment où, re­gar­dant une aile de pou­let dans mon as­siette, je voyais se su­per­po­ser men­ta­le­ment l’image de ma main cou­pée. J’en ai tiré les conclu­sions qui s’im­po­saient. J’ai d’ailleurs perdu très vite le goût pour la viande, et j’ai dé­cou­vert qu’être vé­gé­ta­rien n’em­pêche pas d’être gour­met (et même gour­mand).

Jé­ré­mie
29.05.2008 à 09:41

Les anec­dotes que je rap­por­tais se passent bien dans notre cher can­ton de Vaud. Et de nos jours…

pioum
29.05.2008 à 09:54

moi je man­ge­rais bien le chien de mon voi­sin. y’a des jours il m’énerve tel­le­ment a gueu­ler tout le temps.

zit
29.05.2008 à 10:12

Le menu de Fre­gus Dren­nan me fait fu­rieu­se­ment pen­ser à celui d’un des per­son­nages de Carl Hiaa­sen, ex–gou­ver­neur de Flo­ride de­venu “homme des bayou”, c’est un per­son­nage bien dé­janté, sorte de super héros écolo–lou­foque qui re­vient dans plu­sieurs de ses ro­mans, comme per­son­nage prin­ci­pal dans un cas, et plus sou­vent se­con­daire. J’adore !

z (bien des gens adorent les ar­thro­podes à dix pattes, genre lan­goustes, je ré­pêêêêêêête: les mêmes sont hor­ri­fiés à l’idée de man­ger des ar­thro­podes à six pattes, genre sau­te­relles)

Eniotna
29.05.2008 à 10:44

Pour res­ter dans la bouffe… Après avoir ap­pris la mort de Syd­ney Pol­lack l’autre midi, j’ai chi­poté ma sa­lade pay­sanne. Alors qu’il y a quinze jours, quand Pas­cal Se­vran a fini par don­ner rai­son à El­kab­bach, j’ai re­pris deux fois des röstis. Eton­nant, non? 😉

Eniotna

To­TheEnd
29.05.2008 à 10:56

Moi, je man­geais aussi du lapin et j’ado­rais ça… quand j’étais petit et que j’étais en va­cances dans la ferme de ma tente, je m’oc­cu­pais d’une ri­bam­belle de la­pins. Je les nour­ris­sais, ca­res­sais et ado­rais ces ani­maux… et j’ai­mais bien le lapin dans mon as­siette aussi.

Et puis un jour, ma tente me dit qu’on al­lait man­ger du lapin le soir alors que j’étais en train de les nour­rir. Elle a pris un de mes fa­vo­ris par les oreilles et lui a donné un grand coup der­rière les oreilles. Puis, d’un geste ra­pide et pré­cis, elle l’a ou­vert avec un cou­teau et ar­ra­ché toute la peau.

Je de­vais avoir 6 ou 8 ans. Je n’ai ja­mais plus mangé de lapin de­puis.

J’adore aussi les vaches et j’ai déjà vu des abat­toirs de près mais pour une rai­son que j’ignore, j’adore tou­jours man­ger du bœuf.

La grande dif­fé­rence avec le chien, chat et lapin que je ne mange pas, c’est que mal­gré le fait que j’aime les vaches (ani­mal sym­pa­thique et très doux), je n’ai pas tissé de lien af­fec­tif avec ces ani­maux. Peut être qu’un jour, si j’adopte une vache, je ne man­ge­rais peut être plus de cette viande…

Autre exemple, on m’a un peu obligé à faire de l’équi­ta­tion plus petit et même si je trouve que le che­val est un bel ani­mal, il est sur­tout très très con. Par consé­quent, de­puis tou­jours, je dis que je pré­fère le che­val dans mon as­siette que sous mon cul!

T

In­connu
29.05.2008 à 11:06

Et les co­chons? Oui, l’image du fer­mier qui pleure quand il doit mener sa bête à l’abat­toir est sans doute vraie, ou a été vraie. Avec l’in­dus­tria­li­sa­tion de l’éle­vage, (donc par exemple les co­chons…), nous sommes loin de çà. j’ai été vi­sité une nou­velle por­che­rie près de chez moi. pro­duc­tion : 1020 por­ce­lets en en­grais­se­ment sur en­vi­ron 4 mois. en­suite, hop abat­toir. et çà re­part. Le co­chon n’est plus un ani­mal, mais un bien de consom­ma­tion comme un autre. Bon, assez lo­gique.

Emi­lou
29.05.2008 à 11:17

Je pense à cette vieille chan­son de Scar­ron (écri­vain fran­çais d’ori­gine pié­mon­taise) chan­tée par le “trio chan­te­clair” (belge)

Chan­son à man­ger

Quand j’ai bien faim et que je mange
Et que j’ai bien de quoi choi­sir,
Je res­sens au­tant de plai­sir
Qu’à grat­ter ce qui me dé­mange.
Cher ami tu m’y fis son­ger :
Cha­cun fait des chan­sons à boire,
Et moi, qui n ai plus rien de bon que la mâ­choire
Je n’en veux faire qu’à man­ger.

Quand on se gorge d’un po­tage
Suc­cu­lent comme un consommé,
Si notre corps en est charmé,
Notre ame l’est bien da­van­tage.
Aussi Satan, le faux glou­ton,
Pour ten­ter la femme pre­mière,
N’alla pas lui mon­trer du vin ou de la bière,
Mais de quoi bran­ler le men­ton.

Quatre fois l’homme de cou­rage
En un jour peut man­ger son saoul ;
Le trop-boire peut faire un fou
De la per­sonne la plus sage.
A-t-on vidé mille ton­neaux ?
On a bu que la même chose ;
Au lieu qu’en un repas on peut dou­bler la dose
De mille dif­fé­rents mor­ceaux.

Quel plai­sir, lors­qu’avec furie,
Apres la bisque et le rôti,
Un en­tre­met bien as­sorti
Vient ré­veiller la man­ge­rie !
Quand tu mords dans un bon melon,
Trouves-tu li­queur qui le vaille ?
O mon très cher ami, je suis la man­geaille ;
Il n’est rien de tel qu’un glou­ton.”

zit
29.05.2008 à 12:00

Autre exemple, on m’a un peu obligé à faire de l’équi­ta­tion plus petit et même si je trouve que le che­val est un bel ani­mal, il est sur­tout très très con. Par consé­quent, de­puis tou­jours, je dis que je pré­fère le che­val dans mon as­siette que sous mon cul!

Nous par­ta­geons les mêmes opi­nions sur ce point: c’est con, un ca­nas­son !

z (mais c’est vrai que ça in­ter­pelle, de s’in­ter­ro­ger sur son “om­ni­vo­ri­tude”, je ré­pêêêêêête: j’ai beau man­ger de plus en plus de lé­gumes, qui pense au cri si­len­cieux de la ca­rotte pelée vive, hein ?)

Mo­dane
29.05.2008 à 12:22

Ah! Je suis tout à fait d’ac­cord… Que la dé­tresse si­len­cieuse du lé­gume qu’on ar­rache, du poi­reau lâ­che­ment ex­tirpé de sa motte d’un coup de se­melle pré­cis, de la pa­tate qu’on sort à coups de croc, est dou­lou­reuse! Je ne peux man­ger un lé­gume sans en avoir un re­mord…

J’en ai fait mienne la pen­sée d’un ami : “je ne mange pas le pay­sage!”

So­heil
29.05.2008 à 12:22

1020 por­ce­lets en en­grais­se­ment sur en­vi­ron 4 mois. en­suite, hop abat­toir. et çà re­part. Le co­chon n’est plus un ani­mal, mais un bien de consom­ma­tion comme un autre. Bon, assez lo­gique.

Nous mé­ri­te­rions qu’une es­pèce ani­male se venge un jour, au nom de toute les autres, en nous fai­sant subir le sort que in­fli­geons sans aucun état d’âme aux vaches, co­chons, pou­lets… Mais il est vrai que pour ex­ploi­ter nos sem­blables et les conduire à l’abat­toir nous nous dé­brouillons très bien tous seuls.

dj­trance
29.05.2008 à 12:22

J’ap­plau­dis Soeil.. Cha­peau bas… J’ad­mire les per­sonnes vé­gé­ta­riennes!

Une connais­sance est vé­gé­ta­rienne, et se porte pas moins mal pour au­tant… Et, dieu que c’est bon les lé­gumes… Mais, voilà, perso, je me vois mal de­ve­nir vé­gé­ta­rien, parce que, un steak, c’est bon!!!!!

Parce que, je suis ita­lien, et que des spa­ghet­tis bolo sans viande, ce n’est pas une vraie bolo 😛 Non, je dé­conne, mais cha­peau…

C’est vrai aussi que, si les lé­gumes se­raient moins cher, j’en pren­drais plus… At­ten­tion, j’ai pas dit que je n’en pre­nais pas, bien au contraire, mais à part des to­mates, chou di­vers, sa­lade, cé­leri, ca­rottes, au­ber­gines, concombre, poi­reaux, cour­gette, rave… C’est tout… Mais, je re­marque que, c’est déjà pas mal!! 🙂

Karim
29.05.2008 à 12:45

Nous mé­ri­te­rions qu’une es­pèce ani­male se venge un jour, au nom de toute les autres, en nous fai­sant subir le sort que in­fli­geons sans aucun état d’âme aux vaches, co­chons, pou­lets… Mais il est vrai que pour ex­ploi­ter nos sem­blables et les conduire à l’abat­toir nous nous dé­brouillons très bien tous seuls.

Un ar­ticle in­té­res­sant de Gary L. Fran­cione concer­nant le pro­blème sou­levé par So­heil : Hu­ma­nité, ani­ma­lité, quelles fron­tières ?

fap76
29.05.2008 à 13:43

Il y a quelques an­nées, lorsque j’étais en pleine ré­vi­sion d’exa­men d’ana­to­mie (je suis phy­sio­thé­ra­peute…), je me sou­viens que, quand je man­geais du pou­let, je me di­sais : “Tiens, là je suis en train de cou­per le bi­ceps, et là le tri­ceps, et là, etc…” C’est la seule fois où je me suis iden­ti­fié à un ani­mal, en me ren­dant vrai­ment compte que, dans le fond, nous sommes conçus pa­reil… Et ça m’a fait bi­zarre quelques jours…

Mais un bon pavé de boeuf, c’est tel­le­ment bon…

Donc, sans re­mord, j’ai conti­nué à man­ger de la viande et j’aime tou­jours ça. Mais main­te­nant je n’es­saie plus de re­con­naître ce qu’il y a dans mon as­siette 🙂

Et sinon, pour moi, la viande, que ce soit de la viande de boeuf, porc, che­val, chien, chat, tant que c’est bon et que ce n’est pas une es­pèce me­na­cée, je ne vois pas pour­quoi je met­trais sur un trône une es­pèce au dé­tri­ment d’une autre. Et je ne vois pas pour­quoi une es­pèce qui a été éle­vée pour finir en steak “mé­rite” plus de finir en steak qu’une autre…

Voilà 🙂

XXé
29.05.2008 à 13:52

Es­saie donc d’avoir une vache dans ton salon

Ah ben moi, j’en connais qui en ont !
Même qu’ils sont ma­riés avec…

Dé­solé :-))

Sinon, plus sé­rieu­se­ment, man­ger un ani­mal ou un autre ou plu­tôt trou­ver abo­mi­nable de man­ger tel ou tel ani­mal re­lève bien de no­tions très sub­jec­tives…
Mais on y est tous plus ou moins sen­sibles : je peux com­prendre la chose, mais c’est pas pour ça que je vais le faire.

Di­dier

Hervé
29.05.2008 à 14:13

Que la dé­tresse si­len­cieuse du lé­gume qu’on ar­rache, du poi­reau lâ­che­ment ex­tirpé de sa motte d’un coup de se­melle pré­cis, de la pa­tate qu’on sort à coups de croc, est dou­lou­reuse! Je ne peux man­ger un lé­gume sans en avoir un re­mord…

La di­gnité des lé­gumes, faut pas s’en mo­quer : voir ICI

Guillôme
29.05.2008 à 14:17

Je ne sais pas si c’est vrai ou pas, mais dans un cadre de dis­cus­sion si­mi­laire, la théo­rie sui­vante a été mise en avant : “On ne mange pas des car­ni­vores mais plus na­tu­rel­le­ment des om­ni­vores ou des her­bi­vores car l’équa­tion éner­gé­tique est meilleure”

En clair, une vache qui mange de l’herbe trans­forme l’éner­gie so­laire de l’herbe en éner­gie (la vache), alors que si on mange le chien qui a mangé la vache qui a mangé l’herbe, on a un rap­port herbe/éner­gie beau­coup moins bon!

D’où, exit chien, chat, pan­thère, et autres tigres!

Bon, je dis ça, mais je ne suis pas convaincu…

Mo­dane
29.05.2008 à 15:03

@Hervé : C’est sûr cette concep­tion du vi­vant vé­gé­tal a de quoi sur­prendre dans notre culture oc­ci­den­tale, mais cer­tains cou­rants de pen­sée y font plus qu’al­lu­sion. Exemple : le boud­dhisme.

@ Guillôme : Il y a ef­fec­ti­ve­ment deux idées ad­mises qui vont dans ce sens : Le ren­de­ment éner­gé­tique d’un car­nas­sier est mé­diocre. Il consomme beau­coup de pro­téines pour en pro­duire peu.

La deuxième est que plus on est haut dans la chaîne ali­men­taire, plus on concentre les dé­chets, toxines et mé­taux lourds. Exemple: il ne faut plus man­ger de thon.

D’ailleurs, les tigres ne mangent plus beau­coup d’hommes, ces temps ci… Euh… non… Mau­vais exemple…

alec6
29.05.2008 à 15:22

@ Guillôme

Bonne re­marque ! le “ren­de­ment” du bœuf est de 1/10, celui du porc de 1/8 et celui du pou­let de 1/2 (ou qq chose d’ap­pro­chant). En re­vanche, celui du car­nas­sier avoi­sine les 1/50 voire 1/100 ! Mais celui de la ca­rotte ou de la pa­tate est de… 1/1 !

Quant à sa tra­duc­tion en ratio éner­gie pro­duite (pro­téines, glu­cides, li­pides…) sur éner­gie consom­mée (le pé­trole !), je ne re­trouve pas les chiffres exacts mais elle est de la même aca­bit ! un litre de pé­trole pour un kilo de bœuf, voire d’avan­tage (im­port, type d’éle­vage…).

Mo­ra­lité, si tout est bon à man­ger (à condi­tion de bien le pré­pa­rer, mais c’est un autre sujet…) le pro­blème qui com­mence à se poser est d’ordre éner­gé­tique. L’agri­cul­ture conven­tion­nelle est éner­gi­vore et la (sur) consom­ma­tion de viandes am­pli­fie le pro­blème. Or l’éner­gie conven­tion­nelle (fos­sile et car­bo­née) com­mence à se faire rare, les coûts de pro­duc­tions agri­cole vont donc suivre ceux du pé­trole (en va­leur constante, le pé­trole est aussi cher au­jour­d’hui qu’en 1980, sauf qu’il ne s’agit plus d’une crise… mais c’est une autre his­toire !) et les plus pauvres de la pla­nète vont cre­ver de faim. Seuls les plus riches et les mieux lotis comme les eu­ro­péens par exemple vont s’en sor­tir.

Une so­lu­tion ? L’agri­cul­ture bio et lo­cale et une baisse dras­tique du gas­pillage et de la consom­ma­tion de viande.

zit
29.05.2008 à 15:37

Ab­so­lu­ment rien à voir (quoique…), mais sa­medi en huit (le sept juin), ré­édi­tion de la cy­clo­nu­diste à Paris, et dans beau­coup d’autres villes du monde, c’était très amu­sant l’an­née der­nière, j’es­père qu’il fera beau cette année (et que j’y croi­se­rait de nom­breux cu­kiens ;–)…

z (à poil à vélo, c’est bien ri­golo, je ré­pêêêêêêête: rien que pour voir la gueule des tou­ristes, nom­breux sur le par­cours Bas­tille–Opéra…)

Mo­dane
29.05.2008 à 16:15

Zit? Tu manges de çà, toi?…

levri
29.05.2008 à 16:54

@ 28 – alec6 : je pense aussi que nous de­vrions ré­flé­chir à nos ha­bi­tudes ali­men­taires. Nom­breux ceux qui es­timent “mi­sé­rable” un repas sans viande, ce­pen­dant si elle ap­porte des pro­téines utiles à l’or­ga­nisme, elle est aussi plus fa­ti­gante à di­gé­rer que les vé­gé­taux et comme tu le dis elle a un coût éner­gé­tique de pro­duc­tion très su­pé­rieur. Je suis tout à fait par­ti­san de ta so­lu­tion.

Comme beau­coup de choses nos goûts ali­men­taires sont fonc­tion du mi­lieu où nous évo­luons et il est cu­rieux que les ama­teurs de cre­vettes trouvent “ré­pu­gnant” de man­ger des sau­te­relles (et vice versa), cu­rieux aussi “l’in­sa­lu­brité” de nos fro­mages bleus au­près de cer­tains. 😉

@ 29 – zit : sympa ce cy­clo­nu­diste, mais faire 250 kms pour y par­ti­ci­per se­rait un peu un contre­sens en re­gard du but de la manif. (et puis je n’ai pas de vélo, je marche, moi, mon­sieur !)

J’écoute Naked City de Frank Zappa sur l’al­bum Eve­ry­thing Is Hea­ling Ni­cely

levri
29.05.2008 à 20:58

@ Sa­luki : ton bo­vidé semble avoir jeté un froid, il y a de quoi vous dé­goû­ter de la viande! Une bête comme ça doit paître loin des champs bios et s’ali­men­ter de com­plé­ment si­li­co­nés sans re­te­nue … pas très ap­pé­tis­sant, mais bon, tous les goûts sont dans la na­ture.

A.DOU
29.05.2008 à 21:16

Tout sim­ple­ment, c’ est la rai­son pour la­quelle je n’ achè­te­rai pas de voi­ture co­réenne. Les chiens m’ ont beau­coup ap­porté, je leur dois beau­coup. J’ ai ac­tuel­le­ment un ho­va­wart. Mon bon­jour, aux amis des ani­maux.

Spa­rhawk
29.05.2008 à 21:28

Bonne re­marque ! le “ren­de­ment” du bœuf est de 1/10, celui du porc de 1/8 et celui du pou­let de 1/2 (ou qq chose d’ap­pro­chant). En re­vanche, celui du car­nas­sier avoi­sine les 1/50 voire 1/100 ! Mais celui de la ca­rotte ou de la pa­tate est de… 1/1 !

C’est sûr qu’au ni­veau pu­re­ment éco­no­mique, si j’avais la lubie de vou­loir man­ger mes chats, ça me fe­rait vrai­ment très cher le kilo de bi­doche :o)

Ca­plan
29.05.2008 à 23:54

le “ren­de­ment” du bœuf est de 1/10, celui du porc de 1/8 et celui du pou­let de 1/2 (ou qq chose d’ap­pro­chant). En re­vanche, celui du car­nas­sier avoi­sine les 1/50 voire 1/100 ! Mais celui de la ca­rotte ou de la pa­tate est de… 1/1 !

Ef­fec­ti­ve­ment, man­ger du car­ni­vore com­porte une bar­rière éco­no­mique. Mais, dans nos so­cié­tés, elle s’est muée en bar­rière mo­rale, en plus. Est-ce parce que nous consi­dé­rons que le car­ni­vore est plus proche de nous que l’her­bi­vore?

Mil­sa­bor!

Ma­dame Pop­pins
30.05.2008 à 09:39

Une bour­riche, du pain de seigle, un tout petit peu de beurre, un entre deux mers, une ex­cel­lente com­pa­gnie, voilà ce que j’ap­pelle le bon­heur…. mais, pour en re­ve­nir à l’ar­ticle, zu viel vom guten scha­det, trop de bien nuit et une huître à la se­conde, c’est juste un non sens à mon avis : il faut avoir le temps de re­gar­der l’huître souf­frir à cause du ci­tron 😉

Mo­dane
30.05.2008 à 10:15

Ma­dame Pop­pins, vous êtes dé­fi­ni­ti­ve­ment une femme de goût!

zit
30.05.2008 à 22:55

il faut avoir le temps de re­gar­der l’huître souf­frir à cause du ci­tron 😉

Ne pas ou­blier un petit demi–tour de mou­lin à poivre (il se dit que c’est aphro­di­siaque ;–), c’est dé­lec­table…

z (une huître ne souffre pas, tout au plus ré­agit–elle à un sti­muli ex­té­rieur, je ré­pêêêêêête: je ne souffre ja­mais, tout au plus ré­agi­rais–je à un sti­muli ex­té­rieur…)

Smop
02.06.2008 à 23:29

Je ne vois pas pour­quoi on mange tel ani­mal et pas tel autre.

Par­tant de ce prin­cipe, l’an­thro­po­pha­gie est éga­le­ment ac­cep­table, n’est ce pas ? Car au fond, l’homme n’est-il pas un ani­mal parmi d’autres ?

Pour ma part, tout comme So­heil, j’ai réglé de­puis quelques an­nées ce pro­blème de conscience en m’abs­te­nant de consom­mer des ca­davres d’ani­maux et je m’en porte aussi très bien. À vrai dire, une fois les ha­bi­tudes ali­men­taires chan­gées, on n’y pense même plus.

levri
03.06.2008 à 07:08

Par­tant de ce prin­cipe, l’an­thro­po­pha­gie est éga­le­ment ac­cep­table, n’est ce pas ? Car au fond, l’homme n’est-il pas un ani­mal parmi d’autres ?

C’est cer­tai­ne­ment émi­nem­ment so­ciable, quoi de mieux que de re­ce­voir ses amis sur la table ?

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