Rien de tel que la santé!

D’abord, une bonne nou­velle : j’ai ar­rêté de fumer. De­puis deux jours. Et c’est bon ! C’est même in­croyable que je n’y aie pas pensé avant. Pour­tant, ar­rê­ter de fumer, c’est simple comme bon­jour : il suf­fit d’ar­rê­ter de boire. Je m’ex­plique…

Je n’étais certes pas al­coo­lique, comme Pe­tit-Mo­dane sem­blait le pré­tendre l’autre jour au conseil de classe : « Papa, ça fait long­temps que tu as cessé d’être al­coo­lique ? », mais je pense qu’il plai­san­tait, tout le monde sait qu’il a beau­coup d’hu­mour!… Je n’étais pas al­coo­lique certes, di­sais-je, mais il fut une époque, que les moins de vingt ans bla­bla­bla­bla­bla­bla, où, en ré­pé­ti­tion, les cha­riots ser­vaient plus à vé­hi­cu­ler les caisses de bière que les am­plis, époque où il était en­vi­sa­geable de vider Gour­don (46) de tout ce qui pou­vait ser­vir à faire des Te­qui­las frap­pées, et époque où avoir un trou de vingt-quatre heures dans son plan­ning, comme dans les films, était le signe d’une bonne santé et d’un tem­pé­ra­ment vi­vace.

Mon foie ayant un jour dé­crété que son côté vi­vace n’avait jus­te­ment plus à être dé­mon­tré, il a cessé un jour brus­que­ment de mon­trer cette belle fa­culté à sto­cker sans dom­mage les poi­sons les plus va­riés que j’in­gur­gi­tais alors dans l’eu­pho­rie d’une jeu­nesse toute ten­due vers l’ex­cès.

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Ne buvez pas tout seuls!…Buvez avec Mo­dé­ra­tion. Jo­seph Mo­dé­ra­tion…

Je me suis donc re­trouvé un matin avec un rail de che­min de fer fiché au mi­lieu du front, une mi­graine plus que ca­ta­clys­mique, que toute ten­ta­tive pour lever ou bou­ger la tête au­rait fait pas­ser un ré­cent tsu­nami pour une ai­mable plai­san­te­rie, et que quand on y a sur­vécu, à cette mi­graine, eh bien Fu­ku­shima, c’est rien. Ima­gi­nez… Le rail, trente mètres d’un côté, trente mètres de l’autre, et le bal­lant à chaque fré­mis­se­ment de début d’in­ten­tion de mou­ve­ment…

J’y suis resté 48h, ainsi, la tête épin­glée à l’oreiller, et j’ai pu à nou­veau me re­le­ver. Au tra­vers de l’épreuve, j’ étais de­venu un homme neuf, plein d’une nou­velle cer­ti­tude : ne ja­mais finir un bar au point de boire aussi les al­cools de grand-mères, ceux du fond, que s’il y a de la pous­sière des­sus, c’est pas pour rien, per­sonne n’y touche : on ne sait pas com­ment c’est fait et çà fait mal à la tête. Ce que je confirme.

Mon foie ayant donc dé­fi­ni­ti­ve­ment re­noncé à tout tra­vail d’équipe dans le do­maine du je dé­cap­sule, tu en­caisses, j’ai ar­rêté ce sport-là aussi. Oui, les autres, je les avais ar­rê­tés de­puis assez long­temps, quelques se­condes à peine après ma nais­sance, ju­geant que ce n’était vi­si­ble­ment pas un truc pour moi. Ni la nais­sance elle-même, me dites-vous ? J’en conviens, mais faut bien faire avec. D’où le foie… Il n’y a pas de ha­sard!…

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Rhâââââ!… Bo­boOOO!….

L’avan­tage, quand tu as cessé de « pillave le môle », comme disent les ma­nouches, c’est que c’est très éco­no­mique. Alors que tu des­cen­dais des tor­rents de Pils et de Trap­pistes, l’at­ten­tion au top, même pas baver, une goutte main­te­nant suf­fit. Un doigt de porto te dé­ver­gonde, un fond de vin blanc te fait dé­railler, un trait de rhum dans le baba te plie le neu­rone en quatre comme un étal de pri­meurs après le mar­ché. Rangé ! Cou­ché ! Pa­pattes en rond.

Donc, que j’y ar­rive enfin, j’ai ar­rêté de fumer. Parce qu’avant-hier, Claude est venu ré­pé­ter quelques mor­ceaux à la mai­son, et je ne sais pas ce qui nous a pris, mais ça a fait un peu comme si d’an­ciens ré­flexes étaient re­ve­nus, et je pense que j’ai dû plus des­cendre de ca­nettes que de gammes. Enfin… Plus vite, sur­tout!…

Mi­graine : le re­tour ! Et elle va co­gner fort! Car elle n’est pas contente!…

J’avais tout ou­blié, mais tout est re­venu en vrac. Le rail, la mi­graine, les 24 heures. Mais là, futé, j’en ai pro­fité. Quitte à être ma­lade comme un chien, faible faible faible, au­tant que ça serve à quelque chose. À ne pas aller cher­cher de nou­velles ci­ga­rettes, par exemple. Et à co­ma­ter sous la couette, grom­me­lant et pes­tant, mais sur­tout dor­mant, dor­mant, dor­mant…

À la fin de cette, ose­rai-je?… gueule de bois aussi ca­rac­té­ris­tique que ca­ra­bi­née : pas une clope, pas une taffe, pas une latte, rien, qued, nibe !

Fier de lui, qu’il est, là, le Mo­dane !

La deuxième jour­née ap­pelle le pétun aux mo­ments ri­tuels : l’après-re­pas, donc je ne mange pas, à la pause café, pas de café, sur­tout pas de café, mais alors, dès que je peux, je dors. Même dix mi­nutes. Toutes les dix mi­nutes. Et je bois, je bois, de l’eau à chaque envie de ni­co­tine, bou­teille sur bou­teille, Ba­doit sur Ba­doit….

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Beu­heu­heu… Chia­dées, les illustres, sur ce coup-là!…

Mais bon, ça va beau­coup mieux. J’ai quitté ce teint bla­fard qui fai­sait l’ad­mi­ra­tion de mes voi­sins, les Sto­ker. Je res­pire déjà beau­coup mieux. Arômes et par­fums re­viennent à vi­tesse V.

Mais je dois avouer une chose. Qui a com­mencé à me gêner, hier, d’abord, un peu, sour­noi­se­ment, comme un ar­te­fact… Mais c’est sans doute parce que je ne fume plus….

Puis de façon très en­va­his­sante… Jus­qu’à me de­man­der si je dois per­sis­ter dans mon ef­fort hy­gié­niste. Parce que l’ar­rêt du tabac, ça ne fait pas çà, nor­ma­le­ment?

Un truc qui m’em­bar­rasse, quand ça ne me gé­nère pas une ré­ti­cence quasi dé­fi­ni­tive. Car ça ne fait que s’ac­cen­tuer, au fur et à me­sure que je ré­cu­père mes pa­pilles. Je ne vais pas pou­voir ré­sis­ter à çà?!…

Faut que je vous le de­mande…

Vous avez re­mar­qué ce que le monde pue, ces temps-ci?

, le 15 juin 2011

20 com­men­taires
1)

Sa­luki
15.06.2011 à 01:40

Ar­rê­ter de fumer, je l’ai fait en 1973.

La Ré­pu­blique m’a fait plon­ger : je ne fu­mais pas avant le ser­vice mi­li­taire, les pa­quets de clopes men­suels m’ont “ad­dicté” grave et en ‘73, je fu­mais des Boyard …maîs – des gros mo­dule en pa­pier …maousse -, la pipe – dont j’ai conservé la col­lec­tion -, et le ci­gare, des plus va­riés.

Mon frère me re­gar­dait de haut et, après une soi­rée digne de celles de notre Ami Mo­dane, nous avons parié que j’au­rai/je n’au­rai pas la vo­lonté d’ar­rê­ter du jour au len­de­main.

Il fal­lait bien in­té­res­ser la par­tie : 96 bou­teilles de Per­rier, mais des Per­rier-Jouët, hein !

Dès le len­de­main, j’ai fait une note de ser­vice pour de­man­der à mes col­lègues de ne plus fumer en ma pré­sence, de ne pas m’of­frir de ten­ta­tions, etc… Au bout de six mois, c’était ac­quis.

Au­jour­d’hui, je m’au­to­rise de temps en temps un Es­plen­dido ou un Siglo 5 et c’est tout : l’es­sen­tiel de mes ci­gares sont fumés par mes amis.

Ce n’est pas de­puis que tu as ar­rêté, Mo­dane, que les gens puent : c’est de­puis le recul de la ta­ba­gie dans tous les lieux pu­blics, l’odeur de tabac ne cache plus celle des gens qui se lavent un jour sur trois ou changent leur linge en fin de se­maine quand ils vont re­trou­ver leur pro­mis(e). La preuve? Le métro bondé, le ven­dredi Gare de l’Est ou du Nord, est plus sup­por­table que le jeudi. Faites l’es­sai en y son­geant, amis cu­kiens : plus que deux jours à tenir.

2)

In­connu
15.06.2011 à 05:53

Très bonne ini­tia­tive. Moi, j’ai ja­mais fumé. Et je sup­porte pas la fumée. Il y a 2 mois, j’ai du tra­vailler à la clô­ture d’un appel d’offre avec des par­te­naires étran­gers, gros fu­meurs, je suis sorti de là avec les yeux et la gorge ir­ri­tées. Je ne com­prends pas qu’en France, on au­to­rise de fumer sur des ter­rasses ou­vertes. Mes pe­tits pou­mons dé­li­cats, ils morflent au moins au­tant en in­té­rieur qu’en ex­té­rieur quand le couple de la table d’à côté fume. Et je peste contre les pa­rents d’élèves qui fument de­vant l’école.

3)

jrd
15.06.2011 à 08:14

j’étais un trop gros fu­meur (4 pa­quets de boyard-maïs, la pipe sur les chan­tiers, un ou deux gros mo­dules par jour) et en 1982 j’ai tout ar­rêté.

Après moult kg et consul­ta­tion de tou­bibs :

– stop­per la ni­co­tine fait prendre en­vi­ron 3 kg – la com­pen­sa­tion au cho­co­lat XX kg

je suis main­te­nant au ré­gime à vie, sans al­cool et sans tabac.

cou­rage.

4)

ysen­grain
15.06.2011 à 08:16

Je n’ai ja­mais phy­si­que­ment to­léré l’al­cool. L’image du rail de Mo­dane m’évoque mon “croi­seur” qui na­vi­guait dans mon cer­veau quand … et ce d’au­tant que j’ai long­temps été mi­grai­neux, ce qui est une autre his­toire.

J’ai fumé, et fume en­core, 2 ou 3 fois par se­maine la pipe. Jus­qu’en 1988, j’em­pes­tais mes proches, par­tout. Et puis un jour, j’ai tel­le­ment été ac­ca­paré par mon tra­vail que je n’ai pu me poser que vers 16h sans avoir fumé. J’avais com­pris. J’ai passé une jour­née dif­fi­cile, et puis plus rien d’autre que 2 ou 3 fois par se­maine. Je n’ai pas pris un gramme. Mais … je vis aux côtés d’une HIMMM­MENSE fu­meuse, et là …

On as­so­cie sou­vent tabac et al­cool. C’est une as­so­cia­tion so­ciale avant tout mais qui n’a rien de phy­sio­lo­gique, les 2 mé­ca­nismes étant fon­da­men­ta­le­ment dif­fé­rents.

5)

Franck Pas­tor
15.06.2011 à 09:05

Je n’ai ja­mais admis le fait que des gens pou­vait en­core se mettre à fumer, alors qu’on voit dès l’école, au moins de­puis les an­nées 70, les ra­vages du tabac sur les pou­mons et les voies res­pi­ra­toires, et les risques de can­cer. Ça de­vrait être suf­fi­sant, mais non, il faut faire comme le groupe, les co­pains ou les co­pines, comme les vrais hommes ou les belles femmes des vieux films du ci­noche. Ça fait comme pour le shit au­jour­d’hui, c’est ten­dance parce que c’est sub­ver­sif.

Et pas ques­tion de pen­ser à plus long terme, de voir qu’en fait de vrais hommes ou de belles femmes les fu­meurs ré­gu­liers de­viennent plu­tôt des épaves dé­glin­guées tous­sant à s’ar­ra­cher les pou­mons le matin, les­dits pou­mons fi­nis­sant par de­ve­nir à leur tour de ma­gni­fiques illus­tra­tions pour les livres de bio­lo­gie de leurs en­fants ou leurs pe­tits-en­fants, s’ils ont eu le temps d’en avoir.

Mais non, il y en a en­core qui s’y mettent, et tou­jours plus. Ça aussi, ça fait déses­pé­rer de l’hu­ma­nité.

6)

Droopy
15.06.2011 à 09:31

Tiens bon, mais il faut comp­ter une année avant d’être à peu près sur que l’on ne fu­mera plus.

Bien que je n’ai ja­mais été gros fu­meur, mais plu­tôt un “gou­teur de fumée”, ma femme et moi avons stoppé lorsque notre pre­mier en­fant s’est an­noncé.

Mais on a re­pris un peu après.

A l’an­nonce du deuxième, on a stoppé dé­fi­ni­ti­ve­ment, et il y a main­te­nant plus de 30 ans.

Certes, on prend un peu de poids, mais en contre­par­tie, on re­trouve le gout et l’odo­rat. Et cela com­pense très lar­ge­ment le manque que l’on peut res­sen­tir.

C’est une vic­toire sur soi, et comme une deuxième nais­sance.

Lorsque je vais à Am­ster­dam, je ne manque pas d’al­ler dans une mer­veilleuse bou­tique ou il y a des ta­bacs du monde en­tier. On peut se faire pré­pa­rer son mé­lange per­son­na­lisé et unique. C’est un ra­vis­se­ment pour le nez avec des sen­teurs flo­rales, de cuir, de bois, de miel, mais je me contente de res­pi­rer, car je suis sur que si je di­sais je vais re­prendre mais un ci­gare, ou une pipe par jour seule­ment, je risque de ne pas tenir ma pro­messe.

Par contre, le dé­ve­lop­pe­ment de l’odo­rat, et la re­dé­cou­verte des gouts nous a fait pas­ser à des voyages gas­tro­no­miques à la re­cherche du ter­roir.

Et lorsque l’on mange “bon”, et lorsque l’on boit “bon”, on se contente de peu, tel­le­ment les pro­duits ont de la ma­tière, de la mâche en somme.

De plus, la ren­contre de vrais ar­ti­sans du fro­mage, du vin, de la viande, etc, per­met de pas­ser des mo­ments ex­tra­or­di­naires à dis­cu­ter, sa­vou­rer, et échan­ger avec ces or­fèvres du gout.

Et ne croyez pas que cela coute cher, en tous cas moins cher que de consom­mer du tabac, et bien meilleur pour la santé.

Certes, cela prend plus de temps que de pous­ser son caddy au super mar­ché, mais c’est un choix de vie, et là on ne re­grette pas d’avoir ar­rêté de fumer.

Quant à la prise de poids prise lorsque l’on ar­rête de fumer, elle dis­pa­rait avec une autre façon de se nour­rir.

C’est le meilleur ré­gime que je connaisse, et chaque repas est un mo­ment d’échanges et de dé­cou­vertes.

Alors cou­rage, tu ne le re­gret­te­ras pas.

7)

samd
15.06.2011 à 09:43

Pas vrai­ment dans le sujet, mais cette phrase …

ne ja­mais finir un bar au point de boire aussi les al­cools de grand-mères, ceux du fond, que s’il y a de la pous­sière des­sus, c’est pas pour rien, per­sonne n’y touche : on ne sait pas com­ment c’est fait et çà fait mal à la tête. Ce que je confirme.

…me fait im­man­qua­ble­ment pen­ser à ce qui est pour moi une des scènes les plus suc­cu­lentes du ci­nema fran­çais: http://​www.​vodkaster.​com/​Films/​Les-Tontons-flingueurs/​14308

Je ne m’en lasse pas !

Et sinon, pour ré­pondre à Franck, je ne fume pas, je n’en­cou­rage pas la ci­ga­rette, j’ai sou­vent mau­dit les fu­meurs etc, mais leur com­por­te­ment ir­ra­tion­nel me pa­raît jus­te­ment très hu­main… la pers­pec­tive d’un monde par­fait, po­lissé / po­licé ne me semble pas plus ré­jouis­sante.

8)

MAGE
15.06.2011 à 09:43

C’est faux ! Pen­ser qu’il faille ar­rê­ter de boire de l’al­cool ou du café pour évi­ter l’en­vie de ci­ga­rette est une idée pré­con­cue. Je le pen­sais aussi… puis j’ai re­com­mencé à fumer après quelques se­maines de “vo­lonté”

Voilà 3 mois que j’ai ar­rêté de fumé… à nou­veau ! Mais cette fois, je ne souffre pas le moins du monde. Je suis d’ailleurs plu­tôt fier et je me sens li­béré… et sur­tout JE N’AI RIEN CHANGE A MES HA­BI­TUDES !

Bien sûr, la pen­sée est là au début. Par ha­bi­tude. Après le café, c’était pe­tite clope… mais sans le café, il man­quait et la clope et le café à la fin du repas. J’ap­pré­cie donc mon café. Au début, je sor­tais même sur le bal­con, comme lorsque je fu­mais.

Ah, une bonne com­bine pour faire ré­agir la conscience. J’ai lu un live (la mé­thode simple pour ar­rê­ter de fumer d’al­len Carr). Mieux que mille patchs qui ne font qu’al­lon­ger la dé­pen­dance.

Cou­rage à tous ceux qui savent qu’ils se­raient mieux sans ci­ga­rettes !

9)

Foyan
15.06.2011 à 10:25

je suis main­te­nant au ré­gime à vie, sans al­cool et sans tabac.

Un tel ré­gime ne fera pro­ba­ble­ment pas vivre plus vieux.

Mais ça pa­raî­tra as­su­ré­ment plus long… 😀

jrd
15.06.2011 à 10:33

@foyan

ce n’est pas pour vivre plus vieux mais pour vivre tout sim­ple­ment après VHC et un ac­ci­dent aux ver­tèbres : mon poids ne doit pas ré-aug­men­ter.

fxc 
15.06.2011 à 14:07

ne ja­mais finir un bar au point de boire aussi les al­cools de grand-mères, ceux du fond, que s’il y a de la pous­sière des­sus, c’est pas pour rien, per­sonne n’y touche : on ne sait pas com­ment c’est fait et çà fait mal à la tête. Ce que je confirme.

il y a aussi le grand sport “les bars //”

Smop
15.06.2011 à 18:58

Je n’ai ja­mais admis le fait que des gens pou­vait en­core se mettre à fumer, alors qu’on voit dès l’école, au moins de­puis les an­nées 70, les ra­vages du tabac sur les pou­mons et les voies res­pi­ra­toires, et les risques de can­cer. Ça de­vrait être suf­fi­sant, mais non, il faut faire comme le groupe, les co­pains ou les co­pines, comme les vrais hommes ou les belles femmes des vieux films du ci­noche. Ça fait comme pour le shit au­jour­d’hui, c’est ten­dance parce que c’est sub­ver­sif.

Ad­mettre ? Pour­quoi ne pas ad­mettre qu’il puisse s’agir tout sim­ple­ment d’un plai­sir, même si tu ne le com­prends/par­tage pas ? Certes, ado­les­cent, il y a pro­ba­ble­ment un effet de groupe, mais adulte, c’est sou­vent un choix, tout aussi res­pec­table que n’im­porte quel autre choix de vie.

Nous pas­sons notre temps à sur­vivre dans toutes sortes de pol­lu­tions, dans le stress, in­gur­gi­tant à lon­gueur d’an­née des ali­ments re­gor­geant de pro­duits chi­miques. Et pour­tant, l’es­pé­rance de vie a consi­dé­ra­ble­ment – même trop – aug­menté. Je n’ose pas ima­gi­ner ce que se­rait notre mi­sé­rable exis­tence si l’on de­vait s’en tenir stric­te­ment à ce qui n’est pas ré­puté ou dé­mon­tré nocif… Et à l’in­verse, vivre “sai­ne­ment” n’a ja­mais em­pê­ché la ma­la­die ou l’ac­ci­dent fatal.

En­ten­dons-nous bien, je ne fais pas l’apo­lo­gie du tabac, mais celle de la li­berté in­di­vi­duelle et de la pleine dis­po­si­tion de soi. Ma phi­lo­so­phie de vie a tou­jours été de tirer le maxi­mum de plai­sir pour le mi­ni­mum d’ef­forts, et jus­qu’à pré­sent, à 46 ans, ça m’a plu­tôt bien réussi. Je n’ai au­cune envie de finir comme ma gé­ni­trice, qui a tou­jours es­sayé de vivre “sai­ne­ment”, mais qui se trouve au­jour­d’hui à 86 ans sous tu­telle, coin­cée dans un lit, at­teinte de dé­mence vas­cu­laire et confi­née jus­qu’à son der­nier souffle dans un éta­blis­se­ment spé­cia­lisé. Je ne l’en­vie vrai­ment pas – et si elle avait eu le cou­rage de mettre fin à ses jours, elle l’au­rait fait de­puis long­temps déjà !

Pour ma part, je fume un pa­quet de ciopes par jour de­puis plus de trente ans et je me laisse ré­gu­liè­re­ment aller aux plai­sirs de sub­stances pro­hi­bées. Pas ques­tion de sub­ver­sion, mais juste du dé­li­cieux plai­sir de dé­cou­vrir d’autres “réa­li­tés” dans un monde étouffé par la norme so­ciale.

Fumer aug­mente les chances d’avoir un can­cer ? Sans doute… Et alors ? A mon humble avis, mieux vaut avoir une vie re­la­ti­ve­ment courte, mais in­tense et bien rem­plie, plu­tôt qu’un long par­cours cousu de fil blanc et dénué de sens. Mais bien sûr, “in­tense et bien rem­plie” est une qua­li­fi­ca­tion sub­jec­tive dans la­quelle cha­cun verra ce qu’il sou­haite voir.

Franck Pas­tor
15.06.2011 à 19:18

Un plai­sir, fumer… Quand je vois les ré­ac­tions des fu­meurs à leur pre­mière clope, je me de­mande tou­jours où ils vont trou­ver leur plai­sir en­suite… Ah ben oui : dans la sa­tis­fac­tion d’une ad­dic­tion, en fait. Comme pour toute drogue qui se res­pecte. Mais bon, tant que je n’ai pas à ins­pi­rer moi-même leurs fu­mées en plus des sa­lo­pe­ries di­verses que j’in­hale de par la pol­lu­tion am­biante, ça ne me dé­ran­gera pas plus que ça.

Mais, Smop, si tu as un jour un can­cer du pou­mon ou autre « joyeu­seté » du même genre, j’es­père que tu l’as­su­me­ras tout aussi plei­ne­ment que ton pa­quet de clopes par jour, et que tu pro­cla­me­ras de­vant tes proches et le corps mé­di­cal que tu n’au­ras rien fait contre et que tu ne ren­dras per­sonne d’autre res­pon­sable de tes souf­frances que toi-même. Si c’est le cas, ta dé­marche me convient par­fai­te­ment.

J’ai en­core en tra­vers de la gorge (si j’ose dire) le pro­cès in­tenté contre je ne sais plus quelle marque de tabac par un fu­meur can­cé­reux en phase ter­mi­nale, soit-di­sant parce qu’il n’était pas suf­fi­sam­ment averti par cette firme des dan­gers du ta­ba­gisme !

Franck Pas­tor
15.06.2011 à 19:29

Fumer aug­mente les chances d’avoir un can­cer ? Sans doute… Et alors ? A mon humble avis, mieux vaut avoir une vie re­la­ti­ve­ment courte, mais in­tense et bien rem­plie, plu­tôt qu’un long par­cours cousu de fil blanc et dénué de sens. Mais bien sûr, “in­tense et bien rem­plie” est une qua­li­fi­ca­tion sub­jec­tive dans la­quelle cha­cun verra ce qu’il sou­haite voir.

Hé bien moi, je me sou­haite une vie in­tense, bien rem­plie (je suis assez servi en ce mo­ment !)… et la plus longue pos­sible. Uto­pie, peut-être, mais elle me fait avan­cer.

Smop
15.06.2011 à 19:43

Quand je vois les ré­ac­tions des fu­meurs à leur pre­mière clope, je me de­mande tou­jours où ils vont trou­ver leur plai­sir en­suite…

Le plai­sir est comme tout, il s’ap­prend. Nom­breuses sont les choses qui hier nous re­pous­saient et dont nous raf­fo­lons au­jour­d’hui. La pous­sée d’adré­na­line liée à la prise de risques se­rait un exemple parmi bien d’autres.

J’ai tou­jours brûlé la chan­delle par les deux bouts, sa­chant per­ti­nem­ment que je le “paie­rai” un jour, et chaque fois que j’y ré­flé­chis, j’en viens à me dire que c’est le prix d’une vie “ex­tra­or­di­naire”. Donc oui, je pense que je suis men­ta­le­ment prêt a re­ce­voir l’ad­di­tion.

Et puis … j’ai l’im­mense chance de n’être qu’un simple mor­tel.

[EDIT] Cela dit, j’ai aussi pris du plai­sir “pas­sif” en ar­rê­tant de fumer pen­dant deux ou trois ans. Mais ce plai­sir ne ve­nait pas de l’ab­sence de sub­stance, mais plu­tôt de la sa­tis­fac­tion d’avoir suf­fi­sam­ment de vo­lonté pour ar­rê­ter du jour au len­de­main, et de celle de ne plus avoir à cou­rir après un bu­ra­liste ou­vert ! Pour le reste, je n’ai pas senti de grande dif­fé­rence.

zit
16.06.2011 à 07:49

Pauvre, pauvre Mo­dane ! C’est ter­rible, ce que tu nous conte là.

Plus d’al­cool, plus de ci­ga­rettes, quelle force de ca­rac­tère, en même temps !

z (qui, en so­li­da­rité a ar­rêté de fumer là, ce matin, je ré­pêêêêêêêêête : tant qu’on n’a pas fumé la pre­mière taffe, on n’a pas fumé… ça tien­dra ce que ça tien­dra)

PS : et non, Mo­dane, n’est pas Mââââââââme P. qui veux, ta ques­tion sur le monde kipü, per­sonne n’y a en­core ré­pondu, je di­rais que ça dé­pend d’où tu ha­bites, il y a des mondes qui puent plus que d’autres…

Mo­dane
16.06.2011 à 09:42

Bonne so­li­da­rité, Zit!

Jean Claude
16.06.2011 à 22:19

Smop

Coin­cée dans un lit, at­teinte de dé­mence vas­cu­laire et confi­née jus­qu’à son der­nier souffle dans un éta­blis­se­ment spé­cia­lisé. Je ne l’en­vie vrai­ment pas – et si elle avait eu le cou­rage de mettre fin à ses jours, elle l’au­rait fait de­puis long­temps déjà !

J’ai un co­pain , j’avais un ami, qui, suite à un can­cer des pou­mons a mis près d’un an à dé­cé­der. Il avait la même phi­lo­so­phie que toi. Certes il a tenu à boire et à fumer jus­qu’au der­nier jour – même en ca­chette à l’hô­pi­tal où il au­rait bien mis fin à ses jours si il en avait eu le cou­rage.

Il est parti en fumée, on se mar­rait bien en­semble, pas de rai­son de s’ar­rê­ter. Salut Lu­cien !

zit
17.06.2011 à 07:18

J’ai tenu jus­qu’à 15h30 !

C’est tou­jours ça de fumé en moins…

J’ai réussi, pen­dant quelques mois, à ne fumer que deux ou trois clopes par jour, c’était pas mal…

z (qui va en­core es­sayer, je ré­pêêêêêêêêête : le pro­blème, c’est les autres)

Mo­dane
17.06.2011 à 10:49

Clonk!… Es­saye en­core!… Clonk… Es­saye en­core!… Clonk…

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