Un monde d’har­mo­nie…

On sait de­puis le splen­dide billet de Tris­tan que le monde cu­kiste est mu­si­cal. Ce qui est bon. Car on sait bien que dans le monde mu­si­cal tout est har­mo­nie, paix, et jus­tice. Ja­mais un mot plus haut que l’autre. Ja­mais une ca­lom­nie, une ja­lou­sie, une cha­pelle, un parti pris. Non. Un monde par­fait, où on se cha­maille fra­ter­nel­le­ment entre connais­seurs res­pec­tant la Dif­fé­rence. Tous!… Mu­si­ciens, au­di­teurs, mé­lo­manes, clas­siques et mo­dernes, chefs ou exé­cu­tants… Que de l’hon­neur, du res­pect, de la droi­ture. Nous nous ai­mons, tous au­tant que nous sommes, au ser­vice de la Mu­sique et de l’Har­mo­nie Uni­ver­selle… Bref : la mu­sique est un uni­vers cu­kien. Cuk et mu­sique même com­bat.

Sauf que… Puis­qu’on en parle… Il y en a qui…

Il faut quand même l’avouer : tous les mu­si­ciens ne sont pas égaux de­vant la mu­sique. Je ne sais pas si vous avez re­mar­qué, mais dans chaque style mu­si­cal, un mou­ton noir se cache chez les ins­tru­men­tistes. Dans la coun­try, c’est le ban­joïste. Il s’en dit des choses, à son compte. Qui se col­portent…

Par exemple, savez vous com­ment on se rend compte qu’un ban­joïste joue faux? Ses doigts bougent!…
Une autre… Savez vous ce qu’on dit à un ban­joïste en cos­tume?… Ac­cusé, levez vous!

Bien sûr, la chose est in­juste. Car on doit beau­coup au banjo, dans la com­pré­hen­sion de la théo­rie mu­si­cale. Com­ment per­ce­voir un in­ter­valle de se­conde mi­neure?
En écou­tant deux ban­jos jouer à l’unis­son.

No­tons qu’il s’agit là d’un tel uni­vers rus­tique qu’on peut se per­mettre d’être in­dé­li­cat. Ce se­rait in­ima­gi­nable dans le cercle ex­quis de la mu­sique clas­sique. Ja­mais on n’y en­ten­drait ce genre de ca­lom­nie.

Quoi que…

Il me semble avoir en­tendu à la ré­cep­tion d’un hôtel : « Et com­bien êtes vous? Cinq mu­si­ciens… Et une chan­teuse. » Sans doute le pu­risme im­pose-t’il le dis­tin­guo?

Il est vrai que le monde du chant est un monde de jus­tesse et de pré­ci­sion. Un vieil adage d’ini­tié au ly­rique dé­fi­nit ainsi le tem­pé­ra­ment des chan­teurs : « Cou­reur comme un ba­ry­ton, sou­lot comme une basse, con comme un ténor. » Tout à fait char­mant et ami­cal. Qui a ajouté en douce « Et tel­le­ment vrai! »?

At­ten­tion! Il ne s’agi­rait pas d’être sexiste et de ne par­ler que des hommes. Il y a de la place pour tous. Ne dit-on pas aussi que « la seule dif­fé­rence qu’il y a entre une so­prano et un pi­ranha, c’est le rouge à lèvres… » L’hi­ver va être froid : chan­teurs, vous voilà rha­billés…

J’in­siste sur le fait: croire que seuls les chan­teurs sont la plaie de la mu­sique se­rait ré­duc­teur. On peut aussi par­ler des al­tistes, qui sont au clas­sique ce que les ban­joïstes sont à la coun­try.

Connais­sez vous la dif­fé­rence entre le pre­mier et le deuxième rang d’al­tos, dans l’or­chestre?…
Un demi ton, une demi me­sure!… Hi hi!…

Pour se dé­cris­per, une pe­tite his­toire… Un 1er vio­lon, un 2e vio­lon, un bon al­tiste et un contre­bas­siste sont dans chaque coin d’une pièce. Au mi­lieu de la pièce se trouve un billet de 100€. Qui le ra­masse?

Le 2e vio­lon, bien sur… Un 1er vio­lon ne se dé­place pas pour 100€, un bon al­tiste n’existe pas, et le contre­bas­siste n’a pas com­pris…

Pre­nons de la hau­teur

« Il me sem­blait que, de­puis Bee­tho­ven, la preuve de l’in­uti­lité de la sym­pho­nie était faite. » La per­sonne res­pon­sable de ce joli coup de guillo­tine est au des­sus de tout soup­çon. Un com­po­si­teur cé­lèbre et ta­len­tueux… Oooooh!… Mon­sieur De­bussy!…

Car De­bussy avait la dent dure. On le lui ren­dit bien, en sur­nom­mant Pél­léas et Mé­li­sande : « Pé­dé­raste et Mé­di­sante », dont Jules Re­nard dit dans son Jour­nal : « Et cette suc­ces­sion de notes ! C’est le bruit du vent. J’aime mieux le vent.  »

Wag­ner fut aussi un abonné aux va­che­ries. Ros­sini en dit : « De jolis mo­ments, mais d’ef­froyables quarts d’heure ». Mark Twain y alla de son avis : « La mu­sique de Wag­ner est meilleure qu’on pour­rait le croire à l’en­tendre… »

Jus­qu’à David Ran­dolph, chef d’or­chestre an­glais : « Par­si­fal est le genre d’opéra qui com­mence à six heures. Après trois heures, vous re­gar­dez votre montre, et il est six heures vingt »…

Tiens… Puis­qu’on parle des chefs d’or­chestre…

Deux anec­dotes vont vous faire ap­pré­cier le ni­veau de ca­ma­ra­de­rie qu’on ren­contre dans la mi­lieu mu­si­cal.

La pre­mière est at­tri­buée à Charles Munch. Il ren­contre un ami mu­si­cien, qui va don­ner un concert le même soir sous la ba­guette d’un chef connu. Le mu­si­cien de­mande à Munch: « Vous vou­lez sa­voir ce que le maes­tro di­ri­gera ce soir ? ».
– Oui, dit Munch. »
Le mu­si­cien ré­pond: « Eh bien, on ne sait pas ce qu’il di­ri­gera, mais l’or­chestre jouera la 5e de Bee­tho­ven. »

La deuxième stig­ma­tise l’at­ti­tude mé­pri­sante d’un chef qui ju­rait à qui vou­lait l’en­tendre que « l’or­chestre n’est rien, le chef est tout! » In­vité par un or­chestre, il l’avait usé.
Le soir de la pre­mière, ap­plau­dis­se­ments, en­trée, salut, levé de ba­guette, le chef lance l’or­chestre… Rien… Pas une note… Le chef, l’air de rien, re­donne le dé­part. Rien. Si­lence gêné… Et dans le si­lence, on en­tend le pre­mier vio­lon dire :
« Vous voyez? C’est çà, le son d’un chef d’or­chestre!… »

Et le pu­blic, dans tout çà?…

John Cage ra­con­tait qu’à la sor­tie d’un de ses concerts aux États-Unis, une dame était venue le voir et lui avait dit:
– Maître, je dois vous dire que ce que vous nous avez fait en­tendre n’est tout sim­ple­ment pas de la mu­sique!
– Ma­dame, je vous avoue­rai qu’on me l’avait déjà dit. C’est pour­quoi à une cer­taine époque, j’ai es­sayé de faire pas­ser cela pour de la sculp­ture. Mais ça n’a pas pris non plus. Alors je pré­tends à nou­veau com­po­ser de la mu­sique!

Bri­sons là!…

Mal­gré cet éta­lage de per­fi­die, la mu­sique est quand même un uni­vers sen­sible. Evo­quons la fin des mu­si­ciens, car­rière faite…
Com­ment re­con­naît-on, dans un asile, un joueur de vielle à la re­traite ?
C’est le petit vieux qui a une tor­tue sur les ge­noux, et qui lui ta­pote le ventre en lui tour­nant la queue…

Reste que la mu­sique est tou­jours consi­dé­rée comme un es­poir de pro­grès pour l’hu­ma­nité. Même si tout évo­lue… Quel­qu’un a dit : « Dans les an­nées 60, on pen­sait pou­voir chan­ger le monde. Dans les an­nées 70, on es­pé­rait en­core pou­voir se chan­ger soi-même. Dans les an­nées 80, réa­li­sant qu’on ne par­vien­drait pas à se chan­ger soi-même, on s’est dit : « Fai­sons du fric ! »
C’était Joni Mit­chell…

, le 4 décembre 2007

29 com­men­taires
1)

Je­Ma­Muse
04.12.2007 à 00:20

Ex­cellent billet ! vrai­ment !

Ex­pé­rience per­son­nelle : cette année, j’ai chanté du Pou­lenc. J’ai vrai­ment très ap­pré­cié.

Lors d’une ré­pé­ti­tion, un col­lègue me dit :

– “Sais-tu ce qui est écrit sur la porte d’en­trée de la mai­son de Pou­lenc ?”

– ”???”

– “Dis­son­nez avant d’en­trer”

2)

levri
04.12.2007 à 00:45

j’aime bien le mot de Joni Mit­chell… …

3)

mar­tin
04.12.2007 à 02:36

Mo­dane bravo, vous me don­nez l’en­vie de sor­tir du bois qui borde la clai­rière de cuk. Je suis mu­si­cien et j’ai bien ri au mot de Ran­dolph que l’on peut trans­po­ser (terme choisi) à tant d’autres si­tua­tions – un vol long cour­rier en classe éco­no­mique par exemple.

5)

Jean.​meyran
04.12.2007 à 07:07

Dès que j’écoute du Wag­ner, j’ai envie d’en­va­hir la Po­logne

Woody Allen

Bon­jour chez vous

Jean Mey­ran

7)

Argos
04.12.2007 à 09:12

C’était après la guerre. Trois de plus grands chefs d’or­chestre de l’époque, qui se dé­tes­taient, se re­trouvent au Café Mo­zart, à côté de l’Opéra de Vienne. Furtwängler parle le pre­mier: “Mes amis, vous devez le re­con­naître, le plus grand, chef, c’est moi.” Karl Böhm ré­plque: “La nuit der­nière j’ai rêvé que Dieu me di­sait: “Le plus grand chef c’est toi”. Alors Ka­ra­jan s’ex­clame : “Mais je n’ai ja­mais dit ça, moi”.

8)

Tris­tanb
04.12.2007 à 09:35

Ex­cellent ar­ticle! Sur le rôle pro­gres­siste de la mu­sique, voici une ci­ta­tion in­ter­es­sante d’Er­nest An­ser­met, qui en­tre­te­nait un rap­port pa­ter­na­liste d’amour-haine en­vers le jazz: _Quand on a si sou­vent cher­ché à re­trou­ver dans le passé une de ces fi­gures aux­quelles on doit l’avè­ne­ment de notre art …, quelle chose émou­vante que la ren­contre de ce gros gar­çon tout noir, avec dents blanches et ce front étroit, qui est bien content qu’on aime ce qu’il fait, mais ne sait rien dire de son art, sauf qu’il suit son own way, sa propre voie, et quand on pense que ce own way c’est peut-être la grande route où le monde s’en­gouf­frera de­main. _ Il par­lait de Syd­ney Be­chet, en 1919! Il y a ce­pen­dant une “évo­lu­tion” dans son dis­cours, car quelques an­nées plus tôt, il par­lait du Jazz comme d’une mu­sique de pri­mi­tifs sans ave­nir! Stra­vinski lui au­rait-il ou­vert les yeux?

Tris­tan Boy de la Tour

9)

XXé
04.12.2007 à 10:15

Ah Mo­dane, trop bon !
Merci pour ce billet ! 🙂

D’au­tant que, étant donné mes “qua­li­tés” mu­si­cales, au­tant je mé­ri­te­rais bien des re­marques mons­trueuses sur ce plan, au­tant j’en goûte la sa­veur, ne me sen­tant pas “du même monde” 😛
Qu’il est doux de dire du mal des autres…

😉

Di­dier

PS : je ne suis pas “du même monde” (mu­si­cal) ne si­gni­fie pas que je me re­fuse à y ap­par­te­nir, bien au contraire. J’ap­pré­cie beau­coup la mu­sique mais je suis mal­heu­reu­se­ment to­ta­le­ment in­ca­pable d’y par­ti­ci­per, sauf à l’écou­ter.

Joël (ex­Gli­mind)
04.12.2007 à 11:31

J’en pose une pe­tite pour conti­nuer la série…

Vous connais­sez la dif­fé­rence entre un tram­po­line et un har­mo­nica?

Rép. Pour sau­ter sur un tram­po­line, on en­lève ses chaus­sures!

PS edit. J’es­saye de mettre de la cou­leur pour mas­quer la ré­ponse et ça passe pas? On pour­rait m’ex­pli­quer?

Guillôme
04.12.2007 à 11:32

C’est bien écrit, joli ar­ticle très plai­sant à lire 🙂

In­connu
04.12.2007 à 13:31

Ex­cellent. Je ne peux m’em­pê­cher de citer cette per­fi­die qui me rem­plit tou­jours de joie : « L’opéra est à la mu­sique ce que le ro­man-pho­tos est à la lit­té­ra­ture » En­core un bon mot d’Ano­nyme !

Et celle là de Ri­chard Strauss : « Lors d’un concert, évite de re­gar­der les trom­bones sinon çà les en­cou­rage »
.

Fran­çois Cuneo
04.12.2007 à 13:33

Dans Rhé­sus, le groupe dans le­quel je jouais de la bat­te­rie il y a bien quelques an­nées, on di­sait tou­jours que le bat­teur était le plus con du groupe, après le bas­siste…

Cela dit, j’ai bien ri­golé en li­sant cet ar­ticle à l’avance, merci! Même que Ma­dame Cuk se po­sait des ques­tions sur mon état men­tal hier soir, juste avant que l’ar­ticle ne pa­raisse.

In­connu
04.12.2007 à 14:12

En tant qu’al­tiste, j’en ai en­tendu un cer­tain nombre ;

La dé­fi­ni­tion du gent­le­man : c’est quel­qu’un qui sait jouer de l’alto, mais qui n’en joue pas.

le comble du gas­pillage, c’est un au­to­car rem­pli d’al­tistes qui tombe au fond d’un ravin … avec une place libre.

Je m’ar­rête là !

😀

Argos
04.12.2007 à 14:39

Ca­plan, je ne sais plus qui a dit que Flo­rence Fos­ter-Jen­kins était à un can­ta­trice nor­male ce que l’acide sul­fu­rique était au Cha­nel Nu­méro 5. Un disque d’elle est ef­fec­ti­ve­ment une ex­pé­rience assez re­dou­table.

Oka­zou
04.12.2007 à 17:30

« on di­sait tou­jours que le bat­teur était le plus con du groupe, après le bas­siste… »

Pas du tout d’ac­cord quant au bas­siste !

Blague à part, cha­cun tient sa place dans un or­chestre (no­tam­ment de jazz), il s’agit de cou­vrir l’éven­tail des fré­quences so­nores, de com­bi­ner les timbres et de ga­ran­tir le rythme. La co­lonne ver­té­brale d’un groupe, c’est le bas­siste ou le contre­bas­siste (deux ins­tru­ments à la fois ryth­miques et mé­lo­diques) qui four­nit à la fois le tempo et les ac­cords de la grille. Le bas­siste, c’est la ré­fé­rence sur la­quelle on s’ap­puie.

Cette double qua­lité du bas­siste fait que de tout temps les bas­sistes sont des créa­teurs de thèmes de pre­mière gran­deur. Y com­pris dans le rock.

Bon, il est vrai qu’un piano, un orgue ou un ac­cor­déon solo sont des ins­tru­ments qui se suf­fisent à eux-mêmes. D’ailleurs, quand le bas­siste est ab­sent, la main gauche du pia­niste, de l’or­ga­niste ou de l’ac­cor­déo­niste as­sure la ligne de basse. Du moins quand ils ont une main gauche… Le Fen­der Rhodes est l’ins­tru­ment idéal en l’ab­sence de bas­siste en jazz mais rien de vaut une bonne vieille contre­basse.

Mo­dane
04.12.2007 à 18:29

Oka­zou, je suis bien d’ac­cord avec toi. Sans la basse, point de salut!

Jouer de la basse né­ces­site une grande ri­gueur au tempo et une fi­nesse har­mo­nique hors du com­mun. Ce qui donne au bas­siste une per­son­na­lité re­mar­quable… C’est bien connu : les chan­teuses sortent avec les saxos, mais rentrent avec le bas­siste!

Je vous l’as­sure! Foi de bas­siste!… 😉

Chi­chille
04.12.2007 à 18:44

Ah ! ces clas­sico-jaz­zo­philes !

Mais il y a aussi la mu­sique mi­li­taire, mes braves.

Qui a ins­piré à Cle­men­ceau, l’an­ti­mi­li­ta­riste pri­maire bien connu («la guerre est une chose trop sé­rieuse pour être confiée aux mi­li­taires») cette sen­tance assez per­fide : «La jus­tice mi­li­taire est à la jus­tice ce que la mu­sique mi­li­taire est à la mu­sique».

Fer­mez le ban ! (soit : ta­ra­tata, ta­ra­tata, ta­ra­ta­ra­tata).

A part ça, heu­reux de voir de nou­velles si­gna­tures grâce à ce très agréable sujet.

Chi­chille
04.12.2007 à 18:48

@ Ca­plan

Nous sommes fâ­chés !!! Ça de­vrait être in­ter­dit des plai­san­te­ries pa­reilles.

Re­marque, il me semble bien avoir déjà en­tendu la chose.

Oka­zou
04.12.2007 à 23:15

Voici à quel point un contre­bas­siste peut être sub­til dans sa com­po­si­tion comme dans son jeu :

Re­naud Gar­cia-Fons

Re­naud Gar­cia-Fons est un élève de Fran­çois Rab­bath qui fera sans doute re­sur­gir de beaux sou­ve­nirs dans les mé­moires des quin­quas.

Pour dé­cou­vrir Re­naud Gar­cia-Fons, on pourra choi­sir d’écou­ter Orien­tal bass.

Son site

Ma­dame Pop­pins
05.12.2007 à 07:39

:-))) Merci, j’aime les billets aussi amu­sants et j’aime bien le ton et le style, bref, j’en re­de­mande.

bgc
05.12.2007 à 09:53

Su­perbe style d’hu­mour et de lan­gage. Bravo Mo­dane. On en re­de­mande.

“C’est bien connu : les chan­teuses sortent avec les saxos, mais rentrent avec le bas­siste!” Nor­mal, elles sont ma­riées avec le bas­siste!

Je plai­sante, bien sûr. Le rôle du bas­siste est ef­fec­ti­ve­ment ca­pi­tal dans la mu­sique ac­tuelle. J’ai bien connu et sou­vent en­re­gis­tré Fran­çois Rab­bath, hélas dé­cédé. Un autre bas­siste (basse acous­tique /double bass, en an­glais) d’ex­cep­tion est Dany Thomp­son, qui est à Londres. J’ai eu le plai­sir de tra­vailler avec lui dans les an­nées 70. Nous sommes res­tés très amis. Il fait par­tie d’un groupe de co­pains, dont Bert Jansch, et Ralph Mc­Tell, avec qui j’ai diné avant hier soir. Pour ceux qui connaissent, nous al­lons or­ga­ni­ser un concert unique de Ralph Mc­Tell en Suisse vers le mois de Mai 2008, pro­ba­ble­ment à Nyon, mais aussi un autre à Paris.

levri
05.12.2007 à 11:16

@ bgc : Dany Thomp­son, n’est ce pas lui qui jouait avec Pentangle ? Il don­nait une di­men­sion tout à fait par­ti­cu­lière à ce groupe par son jeu très pré­sent et ori­gi­nal. J’aime beau­coup Bert Jansch (éga­le­ment un an­cien de Pentangle), et Ralph Mc­Tell …

Pour ceux qui ne connaissent pas, une com­pi­la­tion Pentangle est sor­tie en 2007 chez Uncut : Pentangle – The Time Has Come 4 Cd Box­set (1967-73)

Une autre com­pil in­té­res­sante, “Pentan­gling” 3 CDs, l’un dédié à Pentangle, l’autre à John Ren­bourn et le der­nier à Bert Jansch. (Sanc­tuary Mid­line SMETD129 – EAN/UPC: 5050749212924)

C’est bien­tôt Noël … faîtes vous plai­sir! 😀

PS : nous avons eu un ar­ticle sur le jazz, il y au­rait éga­le­ment de quoi écrire sur la re­nais­sance du folk à la fin des an­nées 60. Des groupes comme Pentangle, In­cre­dible String Band, Ste­leye Span, Fair­port Conven­tion, Plan­xty, Mis­ter Fox, 5 Hand Reel … mé­ri­te­raient d’être (re) dé­cou­verts.

bgc
06.12.2007 à 07:21

Exact pour Dany Thomp­son et les Pentangles. Mais Dany a auusi joué et conti­nue avec les plus grands, y com­pris dans l’al­bum de Re­naud en­re­gis­tré à Londres. Ralph m’a dit qu’il avait été ques­tion que ce groupe se re­forme pour une der­nière tour­née. Un petit coup de nos­tal­gie sur un site ami: ici

et 

Tous ces ar­tistes de grand ta­lent sont des êtres simples, d’une hu­mi­lité, d’une gen­tillesse et d’une ami­tié exem­plaires, mais aussi, dans l’in­ti­mité, d’un hu­mour dé­coif­fant, comme beau­coup de “très bons” mu­si­ciens. Dans la même li­gnée, il faut citer, entre autre, en France, Dan Ar Braz.

levri
06.12.2007 à 10:42

Tous ces ar­tistes de grand ta­lent sont des êtres simples, d’une hu­mi­lité, d’une gen­tillesse et d’une ami­tié exem­plaires, mais aussi, dans l’in­ti­mité, d’un hu­mour dé­coif­fant, comme beau­coup de “très bons” mu­si­ciens.

Bon, il ne fau­drait pas trop sim­pli­fier dans la gé­né­ra­li­sa­tion quand même ! 😀

Il y en a de plus com­pli­qués que d’autres, et ils ont le droit de choi­sir leurs amis !, Mais c’est vrai que dans le folk et le jazz, les mé­faits du star sys­tème se font moins sen­tir. Les gens qui “font” parce qu’ils aiment et non pour “être connu” ont certes un cran d’hu­ma­nité en plus que la moyenne, ce qui ne sim­pli­fie pas for­cé­ment leurs rap­ports avec les gens à l’ex­té­rieur de leur “mi­lieu”. Toute per­sonne avec quelque no­to­riété se trouve com­mu­né­ment face à un di­lemme lors d’une nou­velle ren­contre : “cette per­sonne veut elle com­mu­ni­quer avec moi ou avec ma “re­pré­sen­ta­tion pu­blique””. “La so­li­tude de l’ar­tiste” ?

Un disque in­té­res­sant sur la vie d’un mu­si­cien en tour­née : Jack­son Browne – Run­ning on Empty.

Si tu veux citer des fol­keux de ce côté du Chan­nel, il ne fau­drait pas ou­blier Ga­briel Ya­coub (Ma­li­corne), et des groupes comme “Gre­lot Bayou” et d’autres qui jouaient des mé­lo­dies hyper tra­di­tion­nelles.

bgc
06.12.2007 à 19:17

Tu as rai­son Ievri. je m’aper­çois que je n’étais pas assez clair. Je ne par­lais pas des “ar­tistes de grands ta­lents” en gé­né­ral, mais de ceux que j’avais cités, et que j’ai eu la chance de bien connaître.

Pour info, Danny Thomp­son ( oui, il y a deux n) a tra­vaillé avec des per­sonnes comme Kate Bush, Elvis Cos­tello, Eric Clap­ton, The Pentangle, John Mar­tyn, In­cre­dible string band,….., parmi les plus cé­lèbres. Il a sorti, en…1987, un album solo “Wha­te­ver”, ar­rivé dans les charts.

Pour re­ve­nir au sujet de dé­part, l’hu­mour de Danny rem­pli­rait des pages. Une autre fois, peut-être. Il suf­fit déjà d’ima­gi­ner Danny, me­su­rant plus de 1m90, nous ra­con­ter ses aven­tures lors­qu’il de­vait prendre l’avion avec sa “double bass” en ba­gage à main!

Merci aussi de nous rap­pe­ler Ma­li­corne et Gre­lot Bayou

Mo­dane, tu de­vrais conclure par quelques anec­dotes dont tu as le se­cret et que tu ra­contes si bien 🙂

levri
06.12.2007 à 20:02

@ bgc : oui, je sais qu’il n’a pas joué qu’avec Pentangle, mais c’est au sein de ce groupe que je l’avais re­mar­qué.

Il sem­blait éga­le­ment me sou­ve­nir pour Cos­tello et ISB … 🙂

zit
09.12.2007 à 08:25

Un ma­gni­fique flo­ri­lège!

C’est bien vrai, ça, que la mu­sique adou­cit les meurs, quel bel exemple de saine ca­ma­ra­de­rie, une pro­fes­sion où l’on se tient les coudes (pen­dant que moi, je me tiens les côtes ;oD).

Un ex­trait d’une page ex­tra­or­di­naire:

Dans un or­chestre de Jazz, le sax, lea­der du groupe, an­nonce (sur un ton ra­pide) :
“Bon, alors au­jour­d’hui on re­voit “All the things you are” avec une nou­velle struc­ture :
– sur l’in­tro on ne joue pas la 8ème me­sure, on at­taque tout de suite sur le A, on fait la re­prise
– sur le pont on prend 1/2 ton plus haut
– sur le der­nier A on prend les trois pre­mières me­sures en 3/4
– on ré­at­taque le thème, on ne fait pas la re­prise,
– on re­fait le pont 1 ton plus bas, on ra­len­tit sur le der­nier A
– on re­monte au signe on fait seule­ment 3 me­sures avec la deuxième en 5/4
– et on va à la CODA en sau­tant une ligne et fin libre”
La chan­teuse pa­nique :
“Eh, tu peux re­dire plus len­te­ment ? Je n’ai pas tout re­tenu.”
Le sax ré­pond :
“Non, pour toi, c’est bon, tu fais comme d’ha­bi­tude !”

Vé­ri­table an­tho­lo­gie de ri­go­lade un ton au des­sus (il me semble d’ailleurs que j’en avais trouvé le lien dans ces pages, en com­men­taire, je le re­pro­pose donc, il ne faut pas lais­ser perdre ce genre de bonnes adresses).

z (Ah, ça dé­tend, une bonne ri­go­lade le matin, au ré­veil! je ré­pêêêête: 80D )

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