Une contri­bu­tion à votre ges­tion mé­na­gère

Amis cui­si­niers, fières hé­roïnes du four­neau, gas­tro­nomes pa­ten­tés, in­vi­tés vo­lon­taires et conqué­rants, je vous com­prends. Rien n’est plus dé­tes­table que les ac­tions non sui­vies d’ef­fets. J’en­tends par là les ra­bais et pro­mo­tions de la Mi­gros dont on ne pro­fite pas faute de re­cettes pour ac­com­mo­der la chose.

En effet, à la sai­son de chaque chose, votre su­per­mar­ché pré­féré vous offre des lots à prix cas­sés, fraises à la sai­son des fraises, pommes à celles des pommes, sau­cisses à la sai­son des sau­cisses.

De­vant le rayon, sau­tillants et du­bi­ta­tifs, vous hé­si­tez lon­gue­ment avant d’en prendre deux, parce que c’est éco­no­mique, et/ou vous vous re­trou­vez pié­ti­nant dans la cui­sine, ron­chon­nant à pro­pos de ce qu’on peut bien bien faire de ce truc que votre conjoint (conjointe, bif­fez la men­tion in­utile) a eu la lubie de vous rap­por­ter sous pré­texte pé­cu­niaire.

Afin de faire ces­ser cette frus­tra­tion cu­li­naire dou­blée d’un dépit fi­nan­cier, si si, je vous connais, vous êtes éco­nome, pas gâ­cheur, je me pro­pose de vous of­frir oc­ca­sion­nel­le­ment une re­cette utile qui vous per­met­tra de faire des af­faires dans votre su­per­mar­ché usuel et de briller de plai­sir de­vant les re­marques obli­geantes de vos convives émer­veillés par tant de ta­lent.

Voici donc la pre­mière de nos re­cettes utiles que j’ai choi­sie an­cienne, tra­di­tion­nelle, afin que vous ne soyiez pas dé­bous­solé (e) par cette pre­mière ini­tia­tive.

Au­jour­d’hui, donc, pro­fi­tez de l’ac­tion : le jam­bon d’hip­po­po­tame!…

hippopotame_ld06.jpg
Hip­po­po­tame, mon ami…

Pré­pa­ra­tion du Jam­bon d’hip­po­po­tame (re­cette de Côte d’Ivoire)

Pour un vil­lage ou une tribu:

Prendre un jam­bon d’hip­po­po­tame d’une cen­taine de livres. L’ en­ro­ber dans un mé­lange de cinq cuillers de sal­pêtre et d’ une livre et demi de cas­so­nade.

Mettre le jam­bon sur le côté en lais­sant la coupe en haut. Le re­cou­vrir d’une épaisse couche de sel et lais­ser ma­ri­ner pen­dant 6 à 8 se­maines.

En­le­ver le sel et frot­ter abon­dam­ment de poivre noir . Sus­pendre et égout­ter pen­dant 10 jours. Fumer au bois vert pen­dant 10 jours. Lais­ser re­froi­dir la pièce. Re­mettre dans le ré­ci­pient avec du gros sel et du sal­pêtre.

6 jours plus tard, pla­cer le jam­bon dans une sau­mure très aro­ma­ti­sée pen­dant en­core 7 se­maines.

Sus­pendre à nou­veau, frot­ter avec du poivre et fumer au bois vert en­core quelques jours.

La façon de man­ger ce mor­ceau de choix n’est pas spé­ci­fiée, mais avec cette re­cette fa­cile et goû­teuse, plu­tôt dé­diée aux fa­milles nom­breuses, et à la ra­clette, vous êtes parés.

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Je sens que tu n’aimes pas ma cui­sine…

Quelques re­marques, tou­te­fois…

Vu le temps de réa­li­sa­tion de la re­cette, il sera bon d’in­vi­ter assez à l’avance. At­ten­tion! Si l’ac­tion a lieu à Noël, le repas aura lieu en pé­riode de va­cances d’été…

En cas de ra­clette, com­man­dez le fro­mage en consé­quence, et pré­voyez un sta­tion­ne­ment à la me­sure du semi-re­morque de li­vrai­son.

D’autre part, la chasse à l’hip­po­po­tame étant sé­vè­re­ment rè­gle­men­tée dans les lieux de pro­duc­tion ha­bi­tuels, et nos éle­veurs étant assez ré­ti­cents à l’éle­vage, les ac­tions Mi­gros sont assez ponc­tuelles sur ce pro­duit. Ne né­gli­gez pour­tant pas cette pre­mière contri­bu­tion à l’amé­lio­ra­tion de votre ges­tion mé­na­gère, il faut bien com­men­cer par quelque chose.

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Bise à tous!…

La re­cette évo­quée dans cet ar­ti­cu­let a été trou­vée dans le Livre de cui­sine de la Bi­blio­thèque Pra­tique du Club de la Femme, ed Rom­baldi, 1959.

Avec un sou­ve­nir ému pour celui qui m’a fait dé­cou­vrir la cui­sine et l’art en gé­né­ral, Pierre Des­mou­lins, qui vient d’em­por­ter en d’autres contrées son four­neau et ses ter­rines . RIP et flûte!…

, le 3 juin 2008

23 com­men­taires
1)

pter
03.06.2008 à 01:18

Woua­ha­ha­haha! EX­CEL­LEN­TIS­SIME! merci pour cette bonne hu­meur de bon matin!

2)

Nept
03.06.2008 à 01:55

Ex­cel­len­tis­sime en effet… Un mo­ment, je me suis de­mandé si on était bien un 3 juin, mais oui…

PS: as-tu eu l’oc­ca­sion de goû­ter à ce jam­bon?

4)

fx­prod
03.06.2008 à 06:44

et avec cela en plat de ré­sis­tance une tourte aux cailles.

5)

Leo_11
03.06.2008 à 07:14

S je m’y mets main­te­nant… pour la Cuk­Day il est prêt… MIAM

6)

levri
03.06.2008 à 07:19

J’ai la chance d’avoir quelques uns de ces bes­tiaux dis­po­nibles à moins de cent mètres, il va fal­loir que je m’ac­tive si je veux être prêt à ser­vir pour les fêtes de fin d’an­née.

7)

Franck_­Pas­tor
03.06.2008 à 07:24

Vu la taille et l’agres­si­vité de la bête, je loue­rais les ser­vices de l’ar­mée avant de son­ger à en faire des jam­bons…

8)

Sa­luki
03.06.2008 à 07:38

Et, une fois que tu as ac­co­modé les jam­bons, que fais-tu du reste?

9)

levri
03.06.2008 à 08:13

@ Franck_­Pas­tor : pour­rais tu me four­nir les co­or­don­nées du ser­vice, et le coût de la pres­ta­tion ? (je pré­fé­re­rais un rè­gle­ment en na­ture, par exemple leur lais­ser une demi car­casse)

@ Sa­luki : le deuxième jam­bon conser­vera bien jus­qu’à la fête des cloches ? pour le reste il y a de quoi faire un bar­be­cue king size, tu vou­lais quelques en­tre­côtes ?

Jé­ré­mie
03.06.2008 à 08:17

Per­son­nel­le­ment, je pré­fère les faire à la broche… J’ai d’ailleurs du faire construire une broche ren­for­cée pour l’oc­ca­sion. Mais comme ils sont gé­né­reu­se­ment gras­souillets, ils font un jus du plus bel effet. Ja­mais vous n’au­rez de viande trop sèche!

Bon, j’en ai en­core dans ma chambre froide… je crois que je vais m’en faire rôtir un peu.

Joël (ex­Gli­mind)
03.06.2008 à 09:03

 Né­ces­saire???

alec6
03.06.2008 à 09:14

Je pense qu’un petit cubi de Bor­deaux pour faire pas­ser le tout ne se­rait pas mal venu…

Eniotna
03.06.2008 à 09:29

Et, une fois que tu as ac­co­modé les jam­bons, que fais-tu du reste?

Ben, tu le poses sur le bord de l’as­siette ou tu t’en fais un san­douiche pour ton neuf heures du len­de­main…

Eniotna

Sa­luki
03.06.2008 à 09:33

un petit cubi de Bor­deaux

‘tain, c’est vrai qu’il faut que je passe en cher­cher un, rien que pour faire rager Fran­çois…

Dans un ordre d’idées voi­sin, un mien ami avait, pour fêter ses 35 ans, fait un “me­choui” avec une vache de Sa­lers, dans l’an­tique che­mi­née de sa de­meure où l’on pou­vait d’as­seoir à une demi-dou­zaine. La broche était un tube ø 85 et elle avait été ins­tal­lée par pa­liers avec deux vé­rins pneu­ma­tiques de chan­tier !

Ma­dame Pop­pins
03.06.2008 à 09:40

Qu’il est bon de conser­ver la mé­moire par un rire… Merci pour ce billet, j’adore aussi les pho­tos !

Ca­plan
03.06.2008 à 11:51

Et, une fois que tu as ac­co­modé les jam­bons, que fais-tu du reste?

Moi, j’en fais du pâté. Pour ça, je prends un hip­po­po­tame, une ba­leine, un hip­po­po­tame, une ba­leine, un hip­po­po­tame, une ba­leine…

Mil­sa­bor!

Sa­luki
03.06.2008 à 12:35

@ Ca­plan, tu n’es qu’un goulû.

Fran­çois Cuneo
03.06.2008 à 13:15

Je pense qu’un petit cubi de Bor­deaux pour faire pas­ser le tout ne se­rait pas mal venu…

Oh oui, oh oui, oh oui!

Je pense qu’un petit cubi de Bor­deaux pour faire pas­ser le tout ne se­rait pas mal venu…

C’est clair que s’il faut que j’at­tende sur toi pour me l’ame­ner, avec tes ba­gnoles qui tombent en panne dès qu’on pro­nonce le mot “Suisse”…

alec6
03.06.2008 à 13:40

… je vois ! mais yen a pu ! fau­dra at­tendre fin juin !

Ca­plan a rai­son, 50/50, une ba­leine/un hip­po­po­tame, ça change du pâté d’alouette (un che­val/une alouette), mais on re­trouve à peu près les pro­por­tions.

Mo­dane
03.06.2008 à 21:51

Très heu­reux de voir qu’un simple hip­po­po­tame suf­fit à dé­tendre l’at­mo­sphère entre amis…

La­fa­boune
04.06.2008 à 11:03

Merci Mo­dane, j’ai bien ri 🙂

mou­loud2005
04.06.2008 à 16:41

Elle est cool, cette re­cette, je la teste sur le champ.

Elle me fait pen­ser à la re­cette de Jim Har­ri­son pour soi­gner un rhume, dans l’ex­cellent “Wolf” :

“Un litre de jus de pam­ple­mousse frais, puis deux litres d’eau tiède pour mieux net­toyer le tube di­ges­tif. Après deux heures de repos dans une pièce sombre, faire griller un cha­teau­briand d’un kilo, un kilo et demi, à peine bleu, puis le man­ger avec les doigts et sans sel. En­suite, l’es­to­mac dis­tendu, prendre un bain ex­trê­me­ment chaud sans al­lu­mer la lu­mière de la salle de bains et en bu­vant à pe­tite gor­gées lentes le meilleur bour­bon que vous puis­siez vous of­frir, au moins une bou­teille. Cela peut prendre jus­qu’à quatre heures, selon la ca­pa­cité de cha­cun. Enfin, dor­mir vingt-quatre heures. Vous vous ré­veillez alors dans un monde nou­veau et votre rhume a dis­paru. Cer­tains in­di­vi­dus congé­ni­ta­le­ment faibles ont la gueule de bois, mais ce n’est pas ma faute, je ne suis pas mé­de­cin. On peut évi­dem­ment suivre l’en­semble du pro­ces­sus sans être en­rhumé et en re­ti­rer au­tant de plai­sir. J’ajoute par­fois un Ha­vane à l’in­ter­mède du bain, mais les Ha­vanes sont chers main­te­nant et dif­fi­ciles à trou­ver. Ce re­mède soigne aussi la mé­lan­co­lie et fait de vous un bai­seur for­cené pen­dant des se­maines, ce qui n’est pas le cas des huîtres.”

zit
04.06.2008 à 18:39

Fumer au bois vert pen­dant 10 jours. Lais­ser re­froi­dir la pièce.

Ouais, sur­tout, ne pas ou­blier d’aé­rer la pièce aussi, pask’après 10 jours de fu­mage au bois vert… teuh–teuh–teuh…

Sinon, dans l’hip­po­po­tame, le fro­mage de tête, c’est un régal, ah, ces pe­tites mous­taches qui crous­tillent !

Marche beau­coup mieux avec l’édi­tion revue du Livre de cui­sine de la Bi­blio­thèque Pra­tique du Club de la Femme, ed Rom­baldi, 1961, avec 49 jours de sau­mure très aro­ma­ti­sée, plu­tôt que 7 se­maines…

Sinon, voilà une autre super re­cette pour la noëlle :

La dinde au wis­khy

Ache­ter une dinde d’en­vi­ron 5 kg et une bou­teille de whisky,
pré­voir du sel, du poivre, de l’huile d’olive, des bardes de lard.
Bar­der la dinde de lard, la saler, poi­vrer et ajou­ter un filet d’huile d’olive.
Pré­chauf­fer le four ther­mo­stat 7 pen­dant 10 mn.
Se ver­ser un verre de whisky, le boire.
Mettre la dinde au four dans un plat à cuis­son.
Se ver­ser deux verres de whisky et les boire.
Après une demi heure, l’ou­vrir et sur­veiller la buis­son de la dinde.
Brende la vou­teille de bis­cuit et s’en­fi­ler une bonne ra­sade.
Après une debi beurre di­tu­ber jus­qu’au bour. Ou­vrir la borte,
re­bour­ner, re­vour­ner, enfin bref, mettre la guinde dans l’autre sens.
S’as­seoir sur une bu­tain de chaise et se re­ver­dir 5 ou 6 verres de whisky.
Buire, non luire, non cuire la bringue ban­dant gatre heures.
Et hopla ! 5 berres de plus.
Re­ti­rer le four de la pinde.
Se re­ber­çer une bonne gou­lée de bisky.
Ra­bas­ser la binde (l’est tom­bée bar terre).
L’et­tuyer et la voutre sur un blat.​un clat, sur une as­siette.
Se béter la fi­gure à cause du gras sur le bar­re­lage de la bui­sine.
Ne pas es­sayer de se re­le­ver.
Dé­ci­der qu’on est bien bar derre et binir la mou­teille de rhisky.
Plus tard, ram­ber jus­gu’au lit et dor­bir ze gui rezte de la nuit.
Le len­de­main matin à 13h30, dé­jeu­ner d’un cock­tail d’Alka Sel­zer
et d’as­pi­rine dans un Bloody–Mary bien tassé et bien ta­bas­coté et net­toyer le bor­del dans la cui­sine.
Don­ner la dinde brû­lée à man­ger au chien.

z (santé, je ré­pêêêêêêêêête: hips)

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